Patrick Bruel a choisi de remonter sur scène, alors qu’une nouvelle plainte pour tentative de viol s’ajoute à la trentaine déjà déposée contre lui. Le chanteur maintient sa tournée de 35 dates dès le mois d’octobre, une décision qui suscite de vives réactions.
Un retour controversé
Cette salle de spectacle à Chartres (Eure-et-Loir) verra-t-elle Patrick Bruel remonter sur scène le 2 octobre prochain ? Le chanteur maintient sa tournée de concerts à l’automne, malgré la trentaine de plaintes déposées contre lui au cours des derniers mois pour viol et agression sexuelle. Dans la ville, sa décision divise ses fans.
« Moi, je vais y aller parce que j’ai pris mes places. Il est présumé innocent. Après, j’entends toutes les plaintes, mais chacun est libre », estime une fan. « Il a chanté toute sa vie, il a le droit de chanter, je trouve », ajoute une autre.
À l’opposée, une quinquaginaire, elle aussi détentrice de billets, souhaite être remboursée. « Vraiment, je ne veux plus y aller. Je n’arrive pas à dissocier l’artiste de tout ce qu’il a fait. Je ne peux plus, je ne veux plus », déclare-t-elle.
La position des autorités locales
Le retour sur scène du chanteur fait débat. Le maire (DVD), Ladislas Vergne, a tranché : plus question de mettre à disposition la salle publique comme prévu. « Patrick Bruel n’est pas le bienvenu à Chartres. S’il veut bien prendre un an pour se laver de toutes les accusations… Peut-être qu’il n’y a rien, je ne suis pas la justice. Il revient dans un an, pas de problème, lorsqu’il sera blanchi. Pas aujourd’hui, pas dans ce contexte. »
Un enjeu financier crucial
Patrick Bruel comptait rassembler des dizaines de milliers de fans pour sa tournée anniversaire : de Laval (Mayenne) à Saint-Étienne (Loire), 35 dates sont prévues partout en France. Selon les informations de France Télévisions, au moins la moitié des maires concernés invitent le chanteur à suspendre ses concerts. Sa société de production souhaite maintenir, officiellement pour remercier les fans. Mais la raison est également financière, comme l’indique Nicolas Petit, chef des informations à Voici. « C’est Patrick Bruel qui produit. S’il doit tout annuler, on est sur des montants équivalents à 20 millions d’euros, voire plus. Donc ça devient très compliqué dans un schéma économique où il ne peut pas se permettre de perdre autant. »
Les voix des plaignantes
L’indignation du côté des plaignantes se fait entendre, comme la cliente de Me Carine Durrieu Diebolt, qui accuse Patrick Bruel de viol. « Sa première réaction a été de m’écrire : mais qu’est-ce que je peux faire de plus ? Est-ce qu’il faut témoigner dans les médias ? Qu’est-ce qu’il faut faire pour être véritablement écoutée ? » témoigne-t-elle.
Patrick Bruel est mis en examen dans quatre dossiers de violences sexuelles, et il conteste toujours les accusations dont il fait l’objet. Cette affaire soulève des questions profondes sur la place des artistes dans la société et la responsabilité qui leur incombe face à des accusations graves.