La solitude et l’isolement peuvent être des conséquences dévastatrices de la perte d’autonomie chez les personnes âgées. Dans certains quartiers populaires, la vieillesse entraîne de graves répercussions sociales et mentales pour de nombreuses personnes.
Une réalité difficile à Gagny
« Je préfère rentrer chez moi plutôt que d’aller dans le centre-ville ». Mohammed Lotfi Zahar, un retraité résidant à Gagny en Seine-Saint-Denis, souffre de problèmes de dos depuis plusieurs années. Pour rejoindre le centre de sa commune, il lui faut 35 minutes à pied, soit le double du temps qu’une personne valide mettrait. Chaque pas qu’il fait est parfois un effort insupportable, provoquant des malaises en cours de route.
Les défis quotidiens d’un retraité
« Il faut tenir », confie-t-il, en précisant qu’il s’arrête souvent dans un café pour reprendre ses forces. Toutefois, faire des courses devient une épreuve sans fin. Il n’y a pas de banc pour se reposer, aucun endroit où s’asseoir, même aux arrêts de bus. De plus, les trottoirs sont étroits et souvent encombrés, rendant son passage encore plus difficile.
La lutte pour la dignité et le bien-être
« Il faut descendre jusqu’à la mairie pour pouvoir s’asseoir et se reposer », explique Mohammed. En attendant son bus retour à domicile, il se retrouve à devoir parfois patienter longuement. Son souhait de changer de logement social se heurte à la dure réalité ; il est souvent contraint à rester chez lui sans faire les courses, « pour ne pas faire de va-et-vient », raconte-t-il. Malgré ses efforts, il ne parvient à sortir que trois fois par semaine, le tout au prix d’un effort monumental.
Un soutien nécessaire
Cette situation, qu’il considère déjà difficile, ne fait que renforcer son sentiment d’isolement. « Cela me rend triste et parfois j’ai envie de pleurer », confie Mohammed. Comme 400 autres personnes âgées en Seine-Saint-Denis, il bénéficie de l’aide de l’association « Les Petits Frères des Pauvres ». Des bénévoles viennent lui rendre visite, non seulement pour faire les courses, mais aussi pour discuter et échanger. Plus des trois quarts des personnes dans une situation similaire se retrouvent piégées chez elles pour des raisons identiques.