Il y a toujours une part de mystère entre les parents et les enfants : Agnès Martin. El título





Agnès Martin-Lugand et son nouveau roman

Tous les jours, une personnalité s’invite dans le monde d’Élodie Suigo. Mercredi 30 septembre 2026, l’écrivaine Agnès Martin-Lugand publie « Retour à Folegandros » aux éditions Michel Lafon.

Publiée le 30/09/2026 à 14:06

Temps de lecture : 4 min

Agnès Martin-Lugand, en avril 2024, à Paris. (EMMANUEL DUNAND / AFP)
Agnès Martin-Lugand, en avril 2024, à Paris. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Agnès Martin-Lugand est l’une des romancières françaises les plus lues, avec près de 6.000.000 de livres vendus et 13 romans en 13 ans. Elle est notamment l’autrice de Les gens heureux lisent et boivent du café et La Datcha. Avant de s’orienter vers l’écriture, elle a exercé en psychologie clinique, se consacrant à la protection de l’enfance et à l’écoute des blessures et des silences. Son nouveau roman, Retour à Folegandros, sorti le 17 septembre 2026, se déroule sur une île grecque où le protagoniste, Andréas, 25 ans, convoque ses parents, Suzanne et Vadim. Après trois années de silence, il les oblige à revenir sur les lieux où tout a commencé, face à un passé qu’ils ont soigneusement enfoui.

La quête de vérité

franceinfo : Pourquoi fallait-il retourner sur les lieux pour que la vérité puisse enfin sortir ?

Agnès Martin-Lugand : Andréas cherche à bousculer ses parents, car ils détiennent une partie de leur vie sur cette île, une petite enfance qu’il ne connaît pas puisqu’ils n’en ont jamais parlé. Il leur écrit dans une lettre que s’ils ne viennent pas, il ne reviendra jamais vers eux. Ils n’ont d’autre choix que de se confronter à ce passé qu’ils ont enfoui.

Les silences et les non-dits

Les familles se construisent autant par les mots qu’elles prononcent que par ceux qu’elles choisissent de taire.

« Je crois que, dans certaines familles, il faut parfois attendre un peu de temps avant de se dire les choses qu’on n’est pas toujours prêts à apprendre ou à accepter. »

Agnès Martin-Lugand

Il faut apprendre à vivre avec certains éléments de la vie de nos parents, et ce qui a pu nous arriver dans notre petite enfance, représentant la force du traumatisme. La défense de Suzanne et Vadim était de protéger leur fils et eux-mêmes.

La connaissance des parents par les enfants

On croit souvent que les parents connaissent leur enfant par cœur. Votre roman pose la question inverse : un enfant connaît-il un jour vraiment ses parents ?

Je suis convaincue que non. En tant qu’enfant, on ne veut pas toujours voir ou savoir certaines choses sur nos parents. Un de mes fils, âgé de 18 ans, pourrait lire mes livres, mais il ressent une forme de pudeur. Il a peut-être peur de découvrir une facette de sa mère qu’il préfère ignorer.

Écriture et réparation

Quand on a passé sa première vie professionnelle à observer des fragilités humaines, écrire vous permet-il de réparer symboliquement ce que la psychologue ne pouvait pas réparer dans la réalité ?

Je suis passionnée par la réparation de l’être humain et par les blessures. Je m’interroge sur la façon dont elles se forment, comment elles influencent les vies. Tout le monde ne peut pas être réparé entièrement, mais les cicatrices peuvent devenir moins douloureuses.

Compréhension de l’être humain

Que comprenez-vous aujourd’hui de l’être humain que la jeune psychologue que vous étiez à 25 ans n’avait pas encore compris ?

L’être humain est bien plus complexe que les mécanismes de défense que l’on apprend en première année de psycho. Il est essentiel de garder l’esprit ouvert.



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