Book Club : la guerre secrète de la CIA décryptée à 13h15 le dimanche. El título no debe





Les livres comme armes des services secrets américains durant la guerre froide

Durant la guerre froide, des livres ont servi d’armes aux services secrets américains : la CIA a envoyé clandestinement de l’autre côté du rideau de fer près de 10 millions d’ouvrages censurés par les régimes communistes. Une opération aujourd’hui encore classée Défense, même si des témoins acceptent d’en parler.

L’usage inattendu de la littérature par la CIA

Quand on évoque la CIA, on pense espionnage et opérations clandestines pouvant mener à des coups d’État, et rarement à la littérature. Pourtant, pendant près de quarante ans, ce sont bien des livres qui ont servi d’armes aux services secrets américains.

Une opération massive et secrète

Tout au long de la guerre froide, alors que les États-Unis tentaient de s’imposer comme un modèle de démocratie libérale face au système soviétique, le renseignement américain a envoyé dans le plus grand secret près de 10 millions d’ouvrages de l’autre côté du rideau de fer. Les livres ou revues censurés par les régimes communistes franchissaient les frontières, dissimulés dans des camions, des faux plafonds de train ou étaient largués par des ballons.

Il s’agit de l’une des opérations les plus vastes jamais entreprises par le renseignement américain, une opération aujourd’hui encore classée Défense, même si des témoins acceptent d’en parler.

Les motivations derrière une telle initiative

Comment des hommes ont-ils accepté de prendre les risques les plus fous pour envoyer des livres ? Comment Jacky Challot, un jeune Français de 25 ans, simple contrôleur des impôts, s’est-il retrouvé dans les geôles polonaises ?

La littérature comme outil de subversion

Ainsi, une agence d’espionnage a transformé la littérature en outil de subversion, la lecture devenant un acte de résistance, illustrant comment les mots ont contribué à lutter contre le régime soviétique, notamment en Pologne.

Le rôle de George Minden et le « soft power »

Bienvenue à New York, dans le bureau du programme du livre de George Minden, l’exilé roumain à l’origine de cette opération secrète de la CIA. Alors que le monde est divisé en deux, l’Amérique libérale et ses alliés d’un côté, les Soviétiques de l’autre, il a eu l’idée de lutter contre la propagande communiste par ce qui va s’appeler le « soft power ». Après Radio Free Europe, ce sont les livres qui soutiennent l’offensive.

Une évolution après la mort de Staline

Après la mort de Staline, la censure s’assouplit, et les ouvrages commencent à circuler en Europe de l’Est. Depuis ses bureaux de New York, George Minden envoie des centaines de milliers de livres de l’autre côté du rideau de fer, par simple courrier. Un vaste réseau s’organise parallèlement en Europe de l’Ouest : de nombreux voyageurs rapportent des livres chez eux, à l’Est. Et c’est en Pologne que ce programme va le mieux fonctionner.

Le soutien aux révoltes pacifiques en Pologne

En août 1980 à Gdańsk, le bloc communiste commence à se fissurer. Le peuple polonais se soulève pacifiquement derrière Lech Walesa. La CIA va les aider non avec des armes mais avec des livres et de l’encre. Des volontaires se relaient, dont un Français. Il s’appelle Jacky Challot, est fonctionnaire dans un centre des impôts et il s’ennuie. Passionné par la révolution pacifique qui se déroule en Pologne, il va participer à cette folle aventure aux côtés de l’opposition polonaise, à ses risques et périls.

La capture de Jacky Challot et son soutien inattendu

À force de multiplier les allers et retours entre la France et la Pologne avec ses chargements clandestins, Jacky Challot finit par se faire arrêter et est envoyé en prison. La CIA ne peut rien faire puisque cette opération est secrète. Contre toute attente, c’est une star de cinéma française qui se mobilise pour obtenir sa libération : il s’agit de Simone Signoret.

Une série documentaire en quatre épisodes signée Juliette Guérin, Félix Albert et Thomas Courcelle / Bo Travail.



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