Le « 13 Heures » vous emmène en Suisse, mardi 20 octobre, à la découverte de Bâle. Traversée par le Rhin, les habitants n’hésitent pas à y piquer une tête. Elle est aussi l’une des vieilles villes les mieux préservées d’Europe. Visite.
Une ville riche en histoire et en culture
C’est au bord du Rhin, au carrefour de la Suisse, de la France et de l’Allemagne, que se niche une cité vivante et contrastée. Bâle, capitale culturelle et siège de grands groupes pharmaceutiques, est une ville prospère dont l’histoire se mêle depuis toujours à celle du fleuve qui la traverse. « Pour moi, c’est ici qu’on a vraiment le plus beau point de vue sur la ville. Bâle a vraiment su garder le patrimoine ancien tout en le mixant à des bâtiments plus modernes. C’est ce qui en fait le charme et la particularité », souligne Daniela Dobler, guide indépendante.
Le charme de la vieille ville
Passionnée par sa ville natale, Daniela Dobler en connaît les moindres recoins : « Ici, le quartier du Spalenberg, par exemple, a environ 800 ans. Et on voit à quel point les maisons sont bien conservées », nous fait-elle remarquer. La vieille ville de Bâle est en fait l’une des mieux préservées d’Europe. Il fait bon se perdre dans ses ruelles étroites : « Là, il y a le musée des fonds de poche. C’est le plus petit du monde », glisse notre guide, avant de grimper vers sa cathédrale emblématique ou de découvrir la majesté de son hôtel de ville. L’édifice a été construit après le grand tremblement de terre qui, en 1356, a presque entièrement détruit la ville. « D’avant cette date, il n’existe plus rien. Plus aucun papier, aucune archive. Tout a disparu. Une nouvelle histoire a commencé pour Bâle après 1356 », précise Daniela.
L’importance de l’eau et des fontaines
Une certitude, pourtant : le Rhin et l’eau y ont toujours tenu une place centrale. Avec plus de 200 fontaines recensées dans la ville, toutes alimentées en eau potable, les habitants n’hésitent pas à y tremper les pieds et même… à s’y baigner. « Avant le travail, après le travail, quand je suis en repos, dès qu’il fait trop chaud, en fait. C’est autorisé dans presque toutes les fontaines de Bâle », confie un homme.
Et l’eau des fontaines, comme toute l’eau courante de la ville, vient bien sûr du Rhin. À Bâle, il y a bien des ponts, mais quatre bacs historiques continuent quotidiennement de relier les deux rives et les deux parties de la ville. « C’est amarré là-haut avec un câble et c’est la pression de l’eau qui déplace le bac d’une rive à l’autre. C’est simplement le courant qui nous pousse. C’est tout simple », résume un capitaine. « Dès qu’on vient près du fleuve, on essaye de prendre le bac. C’est bien plus sympa que de traverser le pont à pied, être ici sur l’eau, tranquille », confie un passager. « C’est essentiel de les garder. Ça fait partie de l’histoire de Bâle et de notre vie quotidienne », estime une autre.
Une tradition de baignade unique
Un patrimoine flottant qui, pour survivre, a dû apprendre à partager le fleuve avec les immenses péniches, mais aussi les baigneurs. Car à Bâle, se laisser dériver au gré du courant du fleuve est une autre tradition. « Rien d’étonnant, c’est le meilleur endroit pour nager à Bâle et c’est accessible toute la journée », assure un passant. Une habitude que deux amis français ont très vite adoptée à leur arrivée à Bâle. « Ça, c’est le Wickelfisch, qui permet de positionner ses différentes affaires personnelles », indiquent Adeline Falgas et Hadrien de Beaucé. Après s’être assurés de l’étanchéité du sac, c’est parti pour une trentaine de minutes de baignade au rythme du Rhin, leurs affaires dans les bras.
« C’est très agréable de venir, ça rafraîchit. J’ai travaillé pendant très longtemps ici et je vivais un peu plus bas. C’est vrai que le soir, ça permet de rentrer chez soi », assure Adeline. « C’est très relaxant et ça a un côté amusant, aussi, parce qu’on découvre la ville un peu différemment », ajoute Hadrien. Ce jour-là, une nage tranquille, car peu de courant, le fleuve est bas. Il est moins difficile, donc, de rejoindre la rive et l’une des nombreuses buvettes des bords du Rhin, où amis et familles se rejoignent pour terminer la journée : « On profite des couchers de soleil, qui sont plutôt magnifiques, et ça permet de rencontrer des gens. » Une petite fin de journée simple, la douceur de vivre à Bâle.