Après les deux journées de mobilisation sociale des 17 et 24 octobre, les syndicats souhaitent intensifier la pression sur le gouvernement. Ils ont appelé à une journée de grève et de manifestations le jeudi 5 novembre « pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie ».
Ce printemps annonce un automne social explosif. Suite à une journée de grève dans la fonction publique le 29 septembre, puis aux mobilisations du 17 octobre, marquées par des dégradations et des pillages, et celle plus calme mais toujours suivie de ce samedi 24 octobre, à laquelle s’ajoute le mouvement lycéen, les syndicats expriment leur volonté de renforcer la pression sur le gouvernement. « L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » a déclaré Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, le mercredi 21 octobre, à l’issue d’une réunion à Matignon. Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, a également précisé que « le rendez-vous de mobilisation, c’est le 5 novembre ».
Un nouvel appel à la mobilisation des « gilets jaunes » est prévu le samedi 31 octobre, suivi le jeudi 5 novembre d’une autre journée de contestation sociale. Cette journée avait été annoncée début octobre par une intersyndicale regroupant la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU, « pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie ». « La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut répondre sans attendre aux urgences sociales et environnementales », ont écrit les organisations dans un communiqué commun, appelant « l’ensemble des salariés du public comme du privé, des jeunes et des retraités » à « faire grève et manifester le jeudi 5 novembre prochain ».
Parmi les revendications, on trouve l’ouverture immédiate de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale femmes-hommes, l’augmentation des pensions des retraités, ainsi que celle de la valeur du point d’indice des fonctionnaires, l’augmentation du Smic et de toutes les aides sociales, et le renforcement des moyens alloués aux services publics. Les syndicats demandent également des mesures fiscales justes pour taxer les patrimoines, les héritages et les dividendes. Jean-Luc Mélenchon, candidat Insoumis à la présidentielle, a noté que « ce qui pend au nez maintenant » de l’exécutif, c’est « la grève générale », à partir du 5 novembre, comme il l’a estimé lors de la manifestation parisienne du 24 octobre. Le Figaro fait le point sur les secteurs mobilisés le 5 novembre.
Les Mobilisations dans le Secteur Éducatif
Dans l’éducation, plusieurs syndicats ont déjà rejoint l’appel à la mobilisation du 5 novembre. Parmi eux, le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées généraux et technologiques, appelle à une « grève massive et généralisée le 5 novembre pour des moyens pour l’Éducation nationale (recrutements, salaires, moyens, bâti scolaire) et la déblanquerisation du lycée (réformes du lycée, du bac et Parcoursup) ». De son côté, la FSU-SNUipp, premier syndicat des enseignants des écoles, s’est également associée à cet appel, soulignant que « le 5 novembre doit être l’occasion d’amplifier (la) mobilisation ». Toutefois, il est encore tôt pour évaluer l’ampleur de cette mobilisation : dans le primaire, les enseignants doivent se déclarer grévistes 48 heures avant le début de la mobilisation, une obligation qui ne s’applique pas dans le secondaire.
Par ailleurs, tous les syndicats de l’enseignement privé sous contrat, qui scolarise environ 17 % des élèves français (plus de deux millions d’élèves), appellent également à la grève le 5 novembre. Cela constituerait une « première » dans l’histoire du secteur privé, selon les syndicats. Ces organisations (Fep-CFDT, SNEPL-CFTC, SNPEFP-CGT, SYNEP CFE-CGC) dénoncent le niveau de leurs rémunérations, affirmant avoir « tenté de négocier les salaires minima au niveau de l’inflation dans le cadre des négociations annuelles sur les salaires et les conditions de travail, sans succès ».
Mobilisations dans le Secteur des Transports
À la SNCF, les quatre principaux syndicats de la compagnie ferroviaire (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT-Cheminots) ont publié un communiqué commun, appelant les agents « à se mettre en grève et à participer aux manifestations pour (leurs) conditions sociales, de vie et de travail ». Ils dénoncent aussi l’austérité budgétaire, qui se traduit par un déclassement social et des salaires stagnants pour les cheminots.
Comme les enseignants, les cheminots doivent déclarer leur intention de faire grève au moins 48 heures à l’avance. Ce ne sera donc que deux jours avant la journée de mobilisation du 5 novembre que l’on pourra connaître l’ampleur des perturbations de trafic prévues.
Interruption des Activités dans le Secteur de la Santé
Les établissements de santé pourraient également être perturbés le 5 novembre, bien qu’ils soient tenus d’organiser un service minimum pour assurer la continuité des soins. La Fédération CGT de la Santé et de l’Action sociale appelle à la grève, réclamant la hausse du point d’indice des fonctionnaires ainsi que des budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027 « à la hauteur des besoins ». La Fédération CFTC Santé Sociaux appelle également les hôpitaux, les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, publics et privés, à adhérer à l’appel à la mobilisation intersyndicale, en demandant « des salaires dignes, de meilleures conditions de travail et des moyens à la hauteur de leurs missions ».
Mobilisation dans la Fonction Publique
Plusieurs syndicats de la fonction publique exhortent tous les agents à participer à la grève. La CFDT Fonctions publiques a officiellement déposé un préavis de grève couvrant les agents des trois versants : fonction publique de l’État, fonction publique territoriale et fonction publique hospitalière. Elle réclame « des mesures générales sur les salaires », « des mesures de revalorisation des carrières » ou encore « l’augmentation des moyens des services publics ». L’UFSE-CGT incite également les agents publics à « s’inscrire massivement dans cette journée de mobilisation ».
Engagement du Secteur Postal et des Télécommunications
La FAPT-CGT, représentant les salariés des activités postales et de télécommunications, y compris ceux de La Poste, Orange, SFR ou Chronopost, a également rejoint l’appel à la mobilisation, dénonçant des « salaires insuffisants, des emplois supprimés, l’intensification du travail, la dégradation des conditions de travail et la remise en cause des missions de service public ».