Stephan Eicher : Déjeuner en paix reste troublante et actuelle. El título no debe incluir






Stephan Eicher : Un Voyage Musical

L’auteur, compositeur et interprète suisse Stephan Eicher est l’invité exceptionnel toute cette semaine du Monde d’Élodie, à l’occasion de la tournée dans toute la France de son dernier album, « Poussière d’or ». Épisode 1 : « Déjeuner en paix ».

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Temps de lecture : 3 min

Stephan Eicher, en 2022, à Bruxelles, en Belgique. (HATIM KAGHAT / Belga)
Stephan Eicher, en 2022, à Bruxelles, en Belgique. (HATIM KAGHAT / Belga)

Stephan Eicher est un artiste à part dans le paysage musical francophone. Un explorateur sonore qui traverse les scènes avec une élégance rare. Il a sorti, en novembre 2025, un album, Poussière d’or, une œuvre qui semble se poser comme une respiration dans un monde saturé de bruit et qui illumine. À l’automne 2026, il est en tournée dans toute la France, ce qui nous permet de retrouver ce lien essentiel entre lui et nous.

Une enfance marquée par les déplacements

franceinfo : On a souvent entendu que votre enfance avait été marquée par beaucoup de déplacements et une forme de liberté. Diriez-vous que cette instabilité a nourri très tôt votre imaginaire artistique ?

Stephan Eicher : Mon enfance, elle est très loin. Je crois qu’il y a encore des bouts de moi qui étaient le petit Stephan, mais je crois que j’ai beaucoup changé entre-temps. J’ai eu la chance d’avoir une enfance où la naïveté était le terrain de jeu de tout ça. J’ai grandi vraiment dans un village avec des fermes, presque d’un romantisme peint. Après, je suis devenu compliqué.

« Je crois que l’école ça m’a trop enfermé et je suis devenu très sauvage. »

Stephan Eicher

Mes parents m’ont fait un énorme cadeau que je ne sentais pas au moment où je l’ai reçu. Ils m’ont mis dans un internat dans les Alpes suisses, vraiment totalement retiré. Je chantais beaucoup, la moitié de la journée, on dessinait, on jouait du théâtre. C’était très malheureux les premières semaines, mais tout à coup, il y a un monde qui s’est ouvert, qui était seulement en respectant l’humain en nous et en le poussant. Cette violence que j’ai sentie monter, dont mes parents ne savaient pas quoi faire avec… Ils ont fait ce choix, qui me met les larmes aux yeux encore aujourd’hui, de me mettre dans une école où des enfants troublés comme moi trouvent peut-être un chemin.

Un lien essentiel avec le public

Le rapport avec le public a été essentiel très tôt chez vous aussi. C’est venu sans doute de cette école où vous avez appris à partager. Je voudrais qu’on parle effectivement de l’année 1987 et du titre Combien de temps, où vous mettez le pied à l’étrier.

Personne n’en voulait de cette chanson à la radio. Ça commence avec un pizzicato, mais fait avec un sampler, ce n’était même pas un ordinateur. Puis j’ai un petit accent. C’est un texte qui s’est écrit à l’arrière d’une voiture dans le sud de la France. L’actrice Corinne Dacla a écrit à mon manager une lettre d’amour. Elle traînait là et j’ai dit : « Oh ! Une chanson ! » Quand elle est sortie neuf mois plus tard, personne ne voulait la jouer. Aujourd’hui, si je ne la chante pas, les gens font la gueule.

Un tournant avec « Déjeuner en paix »

Il y a évidemment ce titre qui va arriver après, qui va marquer un tournant dans votre vie, Déjeuner en paix. On ne peut pas ne pas aborder cette chanson parce qu’elle marque réellement un avant et un après dans votre vie. Que représente-t-elle pour vous ?

Je voulais absolument un quatuor à cordes et la maison de disques disait non, parce que je faisais du rock. J’ai dit : « Non, je veux un quatuor à cordes ».

« La thématique, c’était pendant la guerre du Golfe. Oui, c’est tout le temps un peu la guerre là-bas. »

Stephan Eicher

À un moment, j’ai cru qu’elle allait disparaître, parce que la guerre disparaît ou le journal, parce que les gens ne le lisent plus. Je fais une blague sur scène et je raconte pour les plus jeunes. Comment je vous explique le journalisme ? Il y a quelque chose qui se passe dans la vie, dans le monde, et pendant que nous, on se couche, il y a des journalistes qui mettent ce qui se passe dans un contexte géopolitique, moral, religieux, social. Pendant qu’on dort, ils font ça et ils nous expliquent le matin. Après, il y a des travailleurs qui vont dans la forêt, ils coupent des arbres pour faire du papier. Pendant qu’on prend le petit-déjeuner, le papier a reçu les pensées des journalistes et ils nous expliquent calmement, avec une réflexion qui n’était pas très longue, mais importante. Je raconte ça comme si c’était dans le passé, le papier, plus personne n’en utilise. Chaque fois que je la chante, elle reste actuelle, c’est troublant. C’est une bonne chanson et peut-être que c’est pour ça qu’elle reste.



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