Bien que les socialistes et les écologistes n’aient pas encore donné plus de détails sur la primaire à gauche en vue de l’élection présidentielle de 2027 prévue le 11 octobre prochain, l’actuel député et ancien président du conseil départemental de l’Essonne Jérôme Guedj a officialisé sa candidature.
Jérôme Guedj est le premier socialiste à officialiser sa candidature à la présidentielle de 2027, mais sans passer par la primaire que les socialistes et les écologistes, et sans La France Insoumise, ont décidé d’organiser le 11 octobre. Invité du 7h50 de France Inter, cet énarque spécialiste des affaires sociales affirme qu’il existe un espace pour une tonitruance socialiste et souhaite représenter une gauche républicaine, universaliste et laïque. Le député de 54 ans, à la tête du microparti au nom révélateur le courage de la nuance, souligne l’importance de porter d’abord cette question des valeurs : « on ne transige pas avec la République, on ne transige pas avec la laïcité, avec l’universalisme, on est intransigeant sur les questions de lutte contre le racisme, de lutte contre l’antisémitisme. »
Cependant, il a déjà annoncé qu’il ne participerait pas à la primaire prévue par les socialistes et les écologistes le 11 octobre prochain, malgré le fait que les détails concernant cette dernière soient encore assez flous. Il qualifie cette primaire de très baroque et questionne l’orientation programmatique.
Il plaide pourtant pour travailler tous ensemble dans un cadre collectif afin de permettre à la gauche d’avoir sa place au deuxième tour en 2027. « Mettons-nous autour de la table devant les Français, portons une orientation politique qui marque une différence et une rupture avec une gauche qui hésite avec la République, avec une gauche qui hésite avec l’universalisme, » visant ainsi sans le nommer le parti La France Insoumise et son leader, Jean-Luc Mélenchon.
Les réactions du côté de LFI ne se sont pas faites attendre. Paul Vannier, député LFI de la cinquième circonscription du Val-d’Oise, ironise à propos de cette candidature : « le volant du PS est bien passé entre les mains de la clique Hollande. Bon à signer les accords pourris avec la macronie à la place de ses camarades qui filent vers la présidentielle. Cruel et comique. »
Le volant du PS est bien passé entre les mains de la clique Hollande. Faure est premier secrétaire-zombie. Bon à signer les accords pourris avec la macronie à la place de ses camarades qui filent vers la présidentielle. Cruel et comique. Lien vers le tweet
Jérôme Guedj s’était fait connaître sur la scène nationale en incarnant l’aile gauche du PS sous le quinquennat de François Hollande, dont il a compliqué la mandature. Il fait partie des dix socialistes ayant refusé de soutenir le gouvernement Valls en 2014.
Après son adhésion au Parti Socialiste en 1993, il s’était rapproché de Jean-Luc Mélenchon dont il est devenu l’assistant parlementaire. Mais depuis le départ de ce dernier du PS pour créer Les Insoumis, les deux hommes se sont brouillés et s’opposent régulièrement.
Jérôme Guedj a fait une grande partie de sa carrière en Île-de-France. Fils d’un ancien adjoint du maire de Massy, son premier mandat électif fut justement en tant que conseiller général de l’Essonne dans le canton de Massy-Est en 1998. Entre 2011 et 2015, il a été président du conseil général. Conseiller régional d’Île-de-France depuis 2021, il est député de la sixième circonscription de l’Essonne depuis 2022 et a été réélu en 2024.