Bad Bunny, le phénomène musical de Porto Rico qui défie Donald Trump et conquiert le monde.. El






Bad Bunny : L’artiste engagé

Le chanteur Bad Bunny a décroché, lors des Grammy Awards, le prix de l’album de l’année pour « Debí Tirar Más fotos », une première pour un disque entièrement en espagnol. Il en a profité pour tacler ICE, la police de l’immigration de Donald Trump, tout en s’apprêtant à faire le show à la mi-temps du Superbowl, la nuit prochaine en Californie.

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Le chanteur Bad Bunny à San Francisco (Californie) le 5 février 2026 (ISHIKA SAMANT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Le chanteur Bad Bunny à San Francisco (Californie) le 5 février 2026 (ISHIKA SAMANT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Un artiste engagé et populaire

Bad Bunny est l’artiste le plus streamé au monde, montant aux créneaux contre le président américain depuis le début de sa carrière. Lors de sa première prestation à la télévision aux États-Unis, le 27 septembre 2018, à tout juste 24 ans, il interprète son morceau sur le plateau du célèbre The Tonight Show. L’événement rappelle la dévastation de Porto Rico, son île natale, ravagée un an auparavant par un ouragan, qui a causé plusieurs milliers de morts. Pourtant, Donald Trump, alors président, réduit le bilan à « entre 6 et 18 morts ».

Ce soir-là, Bad Bunny s’exprime pour les Portoricains délaissés par Washington : « Cela fait un an que l’ouragan a frappé. Il y a encore des gens sans électricité chez eux, plus de 3.000 personnes sont mortes et Trump est toujours dans le déni ! » « Mais vous savez quoi ? Estamos Bien (On va bien) ».

« Je suis quelqu’un de spontané. Quand je pense à quelque chose je le fais, quand je ressens quelque chose je le dis. Je ne pense pas aux conséquences. Donc voilà, ça m’est venu naturellement : j’avais envie de le faire, je l’ai fait. »

Bad Bunny

sur NPR, la radio publique américaine

Une réponse à la politique de Trump

Bad Bunny a régulièrement envie d’agir contre la politique de Donald Trump. En 2025, à la suite de la sortie de son dernier album, il annonce une tournée mondiale sans passer par les États-Unis : « ICE, pourrait attendre à la sortie » de ses concerts. Dans le clip de son morceau NuevaYoL, qui sort le 4 juillet, il imagine Trump présentant ses excuses aux immigrants dans un discours parodique.

Depuis son enfance à Vega Baja sur la côte nord de Porto Rico, Bad Bunny aime faire le clown. À l’âge de 6 ans, il porte un costume de lapin pour Pâques, ce qui lui vaut son surnom. Avec un père routier et une mère institutrice, il chante à la chorale de l’église et amuse ses camarades avec ses freestyles. Très peu savent qu’il écrit effectivement des morceaux. Il poste ses premiers titres sur Internet alors qu’il est encore étudiant à l’université en 2016.

Un parcours fulgurant

Deux ans plus tard, il est déjà une star qui ne badine ni avec sa musique ni avec ses engagements. En 2019, lorsqu’un mouvement citoyen s’oppose à la corruption de son gouverneur, il interrompt sa tournée en Europe et rentre sur son île, brandissant le drapeau portoricain et lançant un appel à la lutte : « Porto Rico ne va pas se laisser faire. Bienvenue à la génération ‘je me laisse pas faire’, je vous aime Porto Rico. Il nous faut un nouveau gouvernement, un nouveau système éducatif, il faut montrer à ces gamins qu’ils ont un avenir. »

L’année suivante, lors d’une apparition télévisée, il rend hommage à Alexa, une femme trans tuée à Porto Rico. Sur la scène des Billboard Music Awards, il appelle à mettre fin à la violence machiste : « à la violence machiste contre les femmes ». Bad Bunny assume ses opinions, même en froissant certains fans, notamment lorsqu’il porte des robes ou du vernis à ongles.

« Ce qui est sûr, c’est que depuis que je suis tout petit, je n’aime pas suivre la norme. À l’école s’il y avait un modèle, je ne voulais pas l’adopter. C’est comme si, depuis tout petit, je n’avais jamais aimé me voir comme les autres. »

Qui sait comment Bad Bunny se verra demain… Son deuxième album solo, en 2020, s’appelait déjà Je fais ce qui me plaît.



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