Retards des bus scolaires : linquiétude des lycéens pour leur avenir. El título no debe





Problèmes de transport scolaire dans le Vexin français

Dans plusieurs communes rurales du Vexin français (Val-d’Oise), les difficultés de transport scolaire se multiplient. Retards et suppressions de bus empêchent de nombreux lycéens d’arriver à l’heure en cours. Des élèves et leurs parents se mobilisent pour dénoncer une offre de transport qu’ils jugent insuffisante.

Le casse-tête des trajets scolaires

Alexandre, 17 ans, vit à Marines dans le Vexin français. Chaque matin, il doit parcourir 15 km en bus pour se rendre au lycée Camille Pissarro à Pontoise. Depuis des mois, cet élève pourtant sérieux arrive systématiquement en retard. Les bus connaissent de graves dysfonctionnements. Depuis une modification du parcours de la ligne, ils sont tantôt en retard, tantôt trop pleins pour pouvoir accueillir tout le monde. Et parfois, ils ne desservent même pas les arrêts.

Dans son lycée, les retards peuvent avoir des conséquences. Alexandre explique : « Dans notre lycée, on peut être refusé des cours si on est en retard. Ça affecte directement notre scolarité et nos résultats scolaires. Et puis, sur Parcoursup, les retards non justifiés sont notés. Quand le matin, on dit aux professeurs que c’est à cause des bus, eux nous répondent qu’ils n’ont pas eu d’alerte de la compagnie de transport, et qu’ils ne considèrent donc pas que c’est justifié. Ça a un impact direct sur notre avenir. »

Un collectif pour faire entendre leur voix

Excédé par cette situation, le lycéen a tenté de contacter Île-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports. Résultat : l’ajout de deux bus supplémentaires en semaine. Une mesure « largement insuffisante au regard de l’ampleur des problèmes« , selon Alexandre.

Pour porter sa voix avec plus de force, il a décidé de fonder un collectif. Sur Instagram, la page @transportpissaro regroupe de nombreux élèves dans la même situation que lui. En tout, la page a collecté une soixantaine de témoignages. 50 % des élèves participants mentionnent des bus supprimés et ils sont presque 80 % à évoquer des retards.

Parmi eux, Mélissandre, qui est en seconde et habite à Auvers-sur-Oise, témoigne : « Les bus sont très fréquemment en retard. Particulièrement ceux de 8h à 9h. Lorsqu’ils passent, ils sont tellement remplis que la plupart du temps les chauffeurs ne s’arrêtent même pas. À cause des retards, je rate très souvent les premiers cours, ou alors j’arrive bien après le début du cours et la plupart du temps le lycée ne nous laisse même pas rentrer dans l’établissement et nous laisse attendre une heure dehors même lorsqu’il neige. » Nathan, lui, habite à Labbeville, un petit village encore plus mal desservi, et écrit : « c’est devenu une prison d’habiter à la campagne.« 

La mobilisation des parents

Pour soutenir ces jeunes, certains parents d’élèves, comme Nathalie Ouldbiye, ont pris part à la mobilisation. Elle déclare : « Depuis le 5 janvier, ils ont écrit X messages à Île-de-France Mobilités. Ils nous répondent qu’ils prennent en compte notre demande. Et parfois, quand le chauffeur ne passe pas, ils expliquent qu’il est bien passé, mais plus tard. De toute façon, on a tous eu des réponses différentes. Le maire de Vallangoujard a même essayé d’obtenir un rendez-vous avec le directeur général, mais il a reçu une fin de non-recevoir. »

D’après elle, l’offre de transport pour sa commune a diminué de 75 %. Une décision qu’elle comprend mais sans pour autant la justifier : « les transports étaient peu empruntés. C’est sûr, nous sommes un village de 600 habitants. Peut-être que nous n’avions pas besoin de très gros bus. Peut-être qu’ils auraient pu adapter la capacité de transport. (…) On ne demande pas forcément un retour en arrière. On peut comprendre que mettre de grands véhicules quand il y a deux personnes qui montent dedans, ce n’est pas idéal. Par contre, on peut quand même avoir une offre de transport qui correspond un minimum à nos besoins.« 

Un besoin essentiel de transports en commun

Pour la mère de famille, ces transports en commun sont d’autant plus essentiels qu’ils sont le seul moyen de locomotion de ses trois enfants. Bien que la voiture puisse être une option, elle l’utilise déjà pour aller travailler à 30 km dans le sens inverse. Bien qu’elle compense parfois les absences du bus en les déposant dans leurs établissements, ce n’est pas une solution viable sur le long terme pour la famille. Les parents aussi se déplacent ponctuellement en bus.

Elle raconte : « Ma voiture est tombée en panne la semaine dernière. Elle était au garage pendant une semaine. Et bien, c’était quasiment impossible de sortir de chez moi pour aller travailler. Il faut se rendre compte des difficultés dans lesquelles on se retrouve. Les enfants n’ont aucun moyen de se déplacer à vélo pour aller au collège ou au lycée tellement la route est dangereuse. On est sur une départementale où les voitures roulent extrêmement vite et il n’y a aucune piste cyclable« .

Une réponse de l’autorité des transports

Contactée, Île-de-France Mobilités dit regretter « que les usagers et les élèves des bus du lycée Pissarro subissent des conditions de transport perturbées« , et assure que leurs « équipes font le maximum pour trouver des solutions au plus vite« .

L’organisme explique d’abord ces retards par des perturbations de la circulation et reconnaît des surcharges sur les lignes 1103 et 1102 qui desservent le lycée. Elle assure être « en lien régulier avec l’opérateur, via des points hebdomadaires mis en place, afin d’apporter au plus vite des améliorations plus durables, comme des renforts supplémentaires ainsi qu’une révision plus large des horaires, en particulier pour les lignes à vocation scolaire« .

À défaut de réponse rapide et adaptée, les lycéens envisagent désormais de lancer une pétition. Une nouvelle étape pour ces élèves du Vexin, déterminés à ne plus laisser les difficultés de transport compromettre leur scolarité.



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