Cest effrayant mais il faut continuer à vivre : à Haïfa, les habitants font face à la menace






Conflit entre le Hezbollah et Israël : retour à la peur dans le nord d’Israël

La formation libanaise pro-iranienne a visé Israël avec des missiles et drones en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, plongeant une nouvelle fois les habitants du nord d’Israël dans la peur.

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Le 28 février 2026, un projectile explose au-dessus de l'eau dans la baie de Haïfa, au large de cette ville côtière du nord d'Israël.
Le 28 février 2026, un projectile explose au-dessus de l’eau dans la baie de Haïfa, au large de cette ville côtière du nord d’Israël. (JALAA MAREY / AFP)

Des attaques de drones et de roquettes

Pour la première fois depuis le cessez-le-feu il y a près d’un an et demi, le Hezbollah libanais a lancé dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 mars des drones et des roquettes sur le nord d’Israël. Si cela n’a pas causé de dégâts, les Israéliens se retrouvent de nouveau sous la menace de ces projectiles. Les habitants du nord du pays réapprennent donc à vivre à portée de tirs du Hezbollah, notamment dans la ville de Haïfa.

La vie quotidienne perturbée

Sur le marché, il n’y a pas foule au stand d’Ilan où le soleil chauffe les barquettes de fraises. Le commerçant assure ne voir qu’un tiers de ses clients depuis le début de la matinée. « C’est à cause de la guerre, dit-il, mais ce n’est pas grave, qu’ils continuent le combat jusqu’au bout. Nous, on peut tenir sans trop de clients, même pendant deux mois s’il le faut. » Ilan qui poursuit : « Bibi do the job ! » Le marchand demande au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou de faire « son boulot », en Iran, comme au Liban.

Orit, une femme de 70 ans, ne cache pas sa peur. Avec son petit chien, elle vient de passer les dernières nuits dans l’abri du marché car son immeuble est trop ancien, vulnérable face aux projectiles. Il faut descendre plusieurs marches dans l’allée centrale pour se retrouver devant plusieurs grandes salles protégées. La capacité est de 400 personnes. « C’est très bien ici », assure Orit, expliquant qu’elle restera ici jusqu’à ce que « tout ça » se termine.

Des craintes partagées

À Haïfa où vivent aussi de nombreux Arabes israéliens, Amani vient d’acheter des olives pour la rupture du jeûne du Ramadan. « Bien sûr que c’est effrayant », dit-elle, aux côtés de sa petite fille de 5 ans. « Mais il faut continuer à vivre », pense-t-elle. Si la vie continue, il est toutefois difficile de trouver un commerce ou un café ouvert. Les rideaux de fer sont fermés près du port, comme plus haut dans la ville.

L’université a renvoyé chez eux tous les étudiants, tout comme beaucoup d’entreprises. « Hier, ils nous ont annoncé que nous ne devions pas venir au bureau pour les prochains jours, jusqu’à ce que les choses se calment », témoigne Hifat, une jeune femme de 31 ans travaillant pour une start-up médicale. Son employeur, comme Hifat elle-même, anticipe de nouvelles frappes de la part du Hezbollah comme de l’Iran.

« C’est très stressant, cela fait deux nuits que je ne dors pas. Je pense que l’attaque d’Israël et des États-Unis sur Téhéran samedi, c’était ce qu’il fallait faire. À la fois pour aider le peuple iranien, et pour le monde entier. Mais en même temps, c’est difficile en tant qu’Israélienne d’avoir à en payer le prix ». Et elle note dans un sourire que les Américains, « eux », ne sont pas sous la menace de missiles.

En réponse à la violence

À noter qu’en réponse aux attaques du Hezbollah, la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l’est du Liban ont été violemment pilonnés par Israël. Les frappes israéliennes ont fait au moins 52 morts et 154 blessés, selon le ministère de la Santé, et déplacé plus de 28.500 personnes selon les autorités.



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