Dans Les Experts Cinéma cette semaine, Matteu Maestracci évoque les films « L’île de la demoiselle » de Micha Wald et « Julian » de Cato Kusters.
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L’île de la demoiselle
L’île de la demoiselle est un film basé sur l’histoire vraie à peine croyable de Marguerite de la Rocque, une jeune femme noble du XVIe siècle. Promise à son oncle vice-roi du Canada, la jeune femme est abusée, dans le bateau qui lui fait traverser l’Atlantique, par un homme de l’équipage, Thomas d’Artois (Louis Peres). Quand sa grossesse est découverte, elle est abandonnée sur l’île des Démons, au large de Terre-Neuve, avec un bébé dans le ventre, sa servante Damienne (Candice Bouchet) et son agresseur lui-même. Comme vous pouvez l’imaginer, de nombreuses péripéties vont les y attendre.
Dans le rôle de Marguerite : la jeune comédienne belge Salomé Dewaels, vue dans Illusions perdues ou Nino plus récemment. Sa présence et son charisme assez bluffants portent une bonne partie des qualités du film. Ce dernier a le mérite de reposer sur une histoire jamais racontée, sur une mise en scène solide et sur un mélange des genres réussi entre film de survie en milieu hostile et étude d’une masculinité toxique. Sans oublier la sororité entre Marguerite, Damienne et surtout la reine Marguerite de Valois-Angoulême (Alexandra Lamy), qui va lui venir en aide.
Julian
Là aussi, il est question de femmes, d’un couple de femmes plus précisément. Celui formé par Fleur, rédactrice dans un magazine, et Julian, designeuse. À la fin des années 2010, elles ont décidé d’entreprendre un projet assez fou, à la fois journalistique, personnel et politique : se marier dans les 22 pays du monde dans lesquels le mariage entre personnes du même sexe était légalement autorisé. Elles y parviendront dans 4 d’entre eux, dont la France, avant que la maladie de Julian – un cancer au cerveau – n’interrompe brutalement cette itinérance.
Là encore, c’est une histoire vraie, racontée précédemment dans le livre autobiographique de la Belge Fleur Pieters. L’excellente actrice française Nina Meurisse l’interprète, aux côtés de Laurence Roothooft dans le rôle de Julian.
Par une narration volontairement fragmentée et non linéaire, par un jeu sur les formats d’image et plusieurs scènes tournées au caméscope et par les comédiennes elles-mêmes, le film reste de qualité. Mais Julian rate, hélas, un peu le coche, parce que ce dispositif tend paradoxalement à mettre le spectateur un peu à distance et le priver d’une émotion qui paraissait pourtant inévitable eu égard à l’histoire.