Donald Trump se moque du couple Macron lors dun déjeuner privé : il se fait maltraiter par sa






Conflit entre Donald Trump et Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a de nouveau été attaqué personnellement par le président américain, quelques heures avant une allocution très attendue depuis la Maison Blanche.

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Le président américain, Donald Trump, le 2 avril 2026.
Le président américain, Donald Trump, le 2 avril 2026.
(POOL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / VIA AFP)

Le président américain Donald Trump a déclaré, mercredi 1er avril, que les États-Unis étaient « proches de remplir » leurs objectifs stratégiques en Iran, lors d’une allocution très attendue. Alors que certains observateurs s’attendaient à une explication, voire une nouvelle attaque en règle contre l’Otan, depuis la Maison Blanche, Donald Trump a répété les mêmes éléments déjà évoqués depuis plusieurs jours : encore « deux à trois » semaines de frappes en Iran, appel à « prendre » le détroit d’Ormuz sans les États-Unis… « Et ce soir, je suis heureux de pouvoir dire que ces objectifs stratégiques fondamentaux sont proches d’être remplis« , a-t-il rappelé, sans toutefois plus de précisions.

Autre fait marquant de la journée : quelques heures avant son allocution, Donald Trump s’en est pris de nouveau à Emmanuel et Brigitte Macron lors d’un déjeuner privé, faisant suite à une série de remontrances contre les dirigeants de pays de l’Otan, à qui il reproche de ne pas prendre part à la guerre contre l’Iran. « Macron, dont la femme le traite extrêmement mal… il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire« , a déclaré le président américain dans une vidéo publiée brièvement sur la chaîne YouTube de la Maison Blanche… qui en a ensuite fermé l’accès.

La vidéo a toutefois été repérée par de nombreux internautes, qui ont reposté l’extrait sur différents réseaux sociaux. Il faisait vraisemblablement référence à une vidéo virale de mai dernier montrant Brigitte Macron porter les deux mains au visage du président français dans ce qui pouvait ressembler à un petit coup, en mai 2025. L’Élysée avait alors indiqué qu’il s’agissait d’un « moment de complicité« , une scène légère de « chahut » entre Emmanuel et Brigitte Macron. Une forme de « déccompression« , selon les mots utilisés en interne.

Donald Trump a aussi affirmé avoir demandé au chef de l’État français un soutien militaire dans le Golfe : « J’ai dit : ‘Emmanuel, on aimerait bien avoir un peu d’aide dans le Golfe, même si on bat tous les records en matière d’élimination des méchants et de destruction de missiles balistiques‘ ». Puis, imitant son homologue avec un accent français : « ‘Non, non, non… on ne peut pas faire ça, Donald. On pourra le faire une fois la guerre gagnée‘ ».

Emmanuel Macron est dans le collimateur de Donald Trump, qui lui reproche notamment de ne pas avoir autorisé le survol du territoire français dans le cadre de la guerre contre l’Iran, déclenchée le 28 février. Interrogée sur franceinfo, la porte-parole des démocrates en France, Amy Porter, a confié « une profonde honte » face à ces déclarations. « Donald Trump n’est pas un président américain normal« , a-t-elle regretté.

« Aucun président américain n’insulte ainsi ses prédécesseurs ou d’autres leaders dans le monde. »

Amy Porter, porte-parole des Démocrates américains en France

Elle se veut néanmoins confiante : « J’espère vivement, et je suis optimiste, qu’en novembre, les démocrates vont reprendre la majorité du Congrès et freiner ses ardeurs. » De manière plus générale, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l’Otan cette semaine, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de « tigre de papier » et de « lâche« . Les États-Unis « s’en souviendront« , avait-il déjà déclaré en Conseil des ministres. Mardi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait remis en cause comme jamais le lien transatlantique avec l’Otan, déclarant que les États-Unis devaient « réexaminer » leurs relations avec l’alliance militaire une fois la guerre contre l’Iran terminée.

De son côté, Emmanuel Macron était reçu, jeudi 2 avril, à Tokyo par l’empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l’archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France. Et le chef de l’État a soigneusement choisi d’éviter les sujets qui fâchent : un flegme parisien contre les attaques parfois outrancières de Donald Trump, au risque de donner l’impression de se laisser marcher sur les pieds.

Le chef de l’État répète seulement dans une interview à la chaîne NHK que la France n’est pas partie prenante dans le conflit en Iran : « La France, qui n’a pas été consultée, qui ne fait pas partie de cette offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël, n’y prend pas part. Il n’y a rien de nouveau ! C’est vrai depuis le premier jour, il ne faut pas s’en étonner« , a-t-il précisé.

Quant aux attaques personnelles contre lui, Emmanuel Macron choisit de ne pas verser dans la surenchère. Prudence absolue lors de ce déplacement au Japon, pays très pro-américain, où il est donc difficile de totalement tirer à boulets rouges sur Donald Trump. Le président français s’est contenté de ce message indirect, à la télévision japonaise : « Rien ne serait pire que d’avoir bombardé la région pendant des semaines et des semaines, et de la quitter sans qu’un cadre ne soit à nouveau établi« . La France prône donc une forme de troisième voie : « Ce n’est pas notre guerre« , répète un diplomate.

Au Japon et bientôt en Corée du Sud, Emmanuel Macron vante un axe de pays indépendants, visant à éviter de « dépendre de puissances hégémoniques« , et « parfois un peu imprévisibles« , la Chine et les États-Unis. En clair : le chef de l’État cherche des alliés, quitte à froisser, le mot est faible, un certain Donald Trump.



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