Sans budget, linnovation au service de lemploi : le gouvernement lutte contre le chômage des





Chômage des jeunes : un nouveau plan du gouvernement

Le gouvernement a présenté, ce jeudi 7 mai, son nouveau plan pour l’accélération de l’emploi des jeunes. Ces nouvelles mesures, qui « ne nécessitent ni évolution législative ni budget supplémentaire », selon l’exécutif, visent à répondre à une situation préoccupante.

Sur un an, le taux de chômage des plus jeunes est largement reparti à la hausse, s’envolant de 2,8 points, pour atteindre 21,5 %.
Sur un an, le taux de chômage des plus jeunes est largement reparti à la hausse, s’envolant de 2,8 points, pour atteindre 21,5 %.Benoit Tessier / REUTERS

Le gouvernement s’attaque donc à la problématique du chômage des jeunes avec un nouveau plan. Lors d’une conférence de presse, Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, a souligné qu’il ne pouvait plus se permettre de temporiser davantage. Si les chiffres globaux du chômage en 2025 étaient relativement rassurants – soit 7,9 % selon l’Insee –, ceux concernant les jeunes de 15 à 24 ans étaient alarmants. En effet, le taux de chômage des plus jeunes a connu une hausse significative. Il a grimpé de 2,8 points, atteignant 21,5 %. Cela représente un écart de 13 points par rapport à l’ensemble de la population française, dont le taux de chômage était de 7,9 % en décembre 2025. De plus, la proportion de jeunes ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation (les NEET) continue d’augmenter, atteignant près de 1,5 million en France.

Un marché du travail des jeunes à la croisée des chemins

Avec un taux de chômage de 21,5 %, la France se retrouve bien au-dessus de la moyenne européenne, qui se situait aux alentours de 15 % fin 2025. Cette situation contraste particulièrement avec celle de l’Allemagne, où le chômage des jeunes était de 7,5 %. Ce phénomène, qui dure depuis des décennies, est attribué à un décalage entre les formations proposées et les besoins des entreprises, ainsi qu’à des rigidités sur le marché du travail, qui compliquent l’embauche des jeunes profils. Jean-Pierre Farandou a mis en garde : « Si jamais on devait subir un retournement économique en raison de la situation internationale, c’est certainement le marché du travail des jeunes qui en pâtirait le premier. »

Une stratégie pour l’avenir

Dans ce contexte difficile, le gouvernement a présenté sa nouvelle stratégie nommée « Emploi futur », qui comprend 15 mesures destinées à « accompagner les jeunes vers l’emploi, quels que soient leurs parcours », selon les déclarations du ministre du Travail.

Parmi ces mesures, figure la création d’un « InserScore » pour toutes les formations professionnelles initiales. Ce nouvel indicateur des débouchés vise à aider les jeunes à faire des « choix éclairés » concernant leur parcours. Ce plan inclut également une application baptisée « 1jeuneDessolutions » qui regroupera tous les services de l’État à destination de la jeunesse. Les mesures sont qualifiées par le gouvernement de « très opérationnelles », bien que certaines d’entre elles restent floues, comme la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans les secteurs stratégiques, ou le soutien aux démarches des étudiants en emploi à travers un guide explicatif de leurs droits et devoirs.

Réactions variées

Ces dispositifs ont été conçus sans nécessiter d’évolution législative ni de budget supplémentaire, un impératif pour un gouvernement manquant de majorité et sous haute contrainte budgétaire. Le patronat, en particulier, a semblé satisfait des annonces, y voyant une reconnaissance de certaines de ses propositions. Benoît Serre, DRH et coprésident du Cercle Humania, a fait remarquer que « sans argent, il faut des idées », tout en critiquant les approches passées qui n’avaient pas été efficaces.

Cependant, du côté des étudiants, la réaction est plus critique. Manon Moret, la secrétaire générale de l’Unef, a dénoncé un « plan au rabais, pro-entreprises », ajoutant qu’il ne propose pas une véritable réflexion sur la condition des jeunes. Jean-Pierre Farandou a néanmoins promis que ce plan, loin d’être figé, pourrait être enrichi de nouvelles idées et initiatives au fil des mois, tout en plaçant l’emploi des jeunes comme une priorité budgétaire pour l’avenir.



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