Comme chaque vendredi, le « 13 Heures en week-end » vous emmène à la découverte d’un joli coin de France. Aujourd’hui, cap sur le marais de Grande Brière, au cœur de la Presqu’île de Guérande (Loire-Atlantique), que l’on peut découvrir à pied, à vélo et en barque. Reportage sur place.
À la croisée de la nature et de la culture
Aux confins de la Loire-Atlantique, nichée entre le fleuve et l’océan, se trouve une terre de mystère et de tradition. Le temps et les hommes ont façonné ces paysages, entre végétation verdoyante et les eaux noires de ses canaux. Le « 13 Heures » vous emmène cette semaine en week-end entre terre et mer, dans le marais de la Grande Brière. Nous embarquons sur un chaland, barque à fond plat typique, pour tenter de percer les secrets de ce parc naturel.
Le témoignage des habitants
« C’est 7.000 hectares de marais, c’est le deuxième marais après la Camargue. Il y a 5.000 ans, le marais n’était pas un marais, mais une forêt, à la base » explique Sylvie Moreno, guide de « L’Arche Briéronne ». Ancienne employée des chantiers navals de Saint-Nazaire, elle a repris l’activité familiale il y a 10 ans. Pour les visiteurs, elle offre une plongée dans la vie de Briéron : « Le calme, le bruit des oiseaux, c’est vraiment la nature », se réjouit un touriste. « Je ne voyais pas ça aussi vert et aussi végétalisé », ajoute un autre. Pour Sylvie, le marais est plus qu’une passion, il coule dans ses veines : « Plus qu’amoureuse, c’est comme une piqûre, je dirais. Moi, je ne peux pas me passer de Brière. C’est impossible », assure-t-elle.
Un savoir-faire culinaire local
À Kerhinet (Loire-Atlantique), le chef Ludovic Favrel, restaurateur de « L’Auberge de Kerhinet », travaille avec du poisson frais. « Des anguilles qui viennent du bassin de la Loire, du lac de Grand-Lieu. C’est de l’anguille jaune », précise-t-il. Le poisson d’eau douce est un emblème de la région. « Bien souvent, les gens vont dire que c’est un goût de vase ou un petit goût de terre. Mais en fin de compte, les anguilles qu’on a là, elles n’ont plus ce goût », assure-t-il.
Dans son auberge, Ludovic propose une recette fidèle à la tradition briéronne : les anguilles sont accompagnées d’une simple persillade. « Ce sont des recettes perpétuelles qu’on a de nos chefs quand on est apprenti, quand on évolue dans la restauration », explique-t-il. Pour la dégustation, il n’y a pas besoin de couverts : « Et oui, au moins, avec les mains, c’est ça qui est meilleur », se réjouit une cliente attablée. « On n’en trouve pas beaucoup ailleurs, mais là elles sont bonnes ! », ajoute une autre.
Traditions ancestrales
Certaines traditions de la Brière remontent à très, très loin. Enfouis au cœur du marais, des chênes fossilisés, vieux de 5.000 ans, que certains artisans récupèrent à la force des bras. Parmi eux, Jean-Henri Pagnon. Il prélève, avec l’accord du parc naturel, 25 troncs par an à la teinte sans pareille. Séchés pendant deux à trois ans, ils sont ensuite débités, et enfin, polis pour fabriquer des couteaux. « On a l’immense privilège de travailler un matériau qui a connu la Renaissance, le Haut Moyen Âge, le Bas Moyen Âge, l’Antiquité », pointe l’artisan.
Ces pièces uniques et chargées d’histoires attirent des clients bretons habitués. « C’est de l’art. Ce sont de très beaux couteaux », assure l’un d’eux. Un art, des traditions et des paysages qui ne s’offrent qu’à ceux qui viennent percer les secrets du Marais de Brière.