De la prison algérienne à la publication de son dernier ouvrage, les mois tumultueux de Boualem






Boualem Sansal et son livre « La Légende »

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal revient sur sa détention à Alger dans son nouvel ouvrage, La Légende, disponible mardi chez Grasset. Ce livre surgit après bien des remous depuis sa libération en novembre 2025.

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L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le 27 mars 2026 à Saint-Raphaël (Var). (CYRIL HIELY / MAXPPP)
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le 27 mars 2026 à Saint-Raphaël (Var).
(CYRIL HIELY / MAXPPP)

C’est mardi 2 juin que sort La Légende, le nouveau livre de Boualem Sansal revenant sur sa détention en Algérie. Un ouvrage qui sort aux éditions Grasset après bien des remous, des déclarations, des polémiques. Retour sur presque sept mois de retrouvailles et de tensions.

Nous sommes le mercredi 12 novembre 2025. À la télévision algérienne, une édition spéciale annonce :
« Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a décidé de répondre favorablement à la demande du président de la République fédérale d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, concernant l’octroi d’une grâce en faveur de Boualem Sansal. »

Après un an de détention, Boualem Sansal est donc libre. Il prend la direction de Berlin pour des soins, l’ambassadeur de France l’accueille pour quelques jours. La semaine d’après, il est enfin de retour en France, accueilli par Emmanuel Macron à l’Élysée. Quelques jours plus tard, il parle, d’abord à France 2, déclarant toujours souhaiter une « réconciliation » entre la France et l’Algérie, puis sur France Inter, évoquant ses conditions de détention :
« Être prisonnier, c’est une humiliation, on vous fouille matin et soir, vous êtes comme un toutou. »

L’écrivain retrouve sa liberté de parole, passe les fêtes en famille, et le 29 janvier, il entre à l’Académie française. Est-il heureux, lui demande Ilana Moryoussef pour un reportage diffusé sur franceinfo ?

Une décision controversée

« Est-ce qu’on peut poser une question pareille ? Évidemment ! Évidemment, je suis heureux, flatté, honoré, tout ce qu’on veut. C’est énorme », lance-t-il. La consécration, et puis la rupture. Mi-mars, l’homme de 81 ans quitte son éditeur historique, Gallimard, et rejoint Grasset, l’une des maisons d’édition dans le giron de Vincent Bolloré. Dans une tribune au Monde, il s’explique, parlant d’une « divergence » pendant sa détention. Gallimard est coupable, selon lui, d’avoir opté pour la diplomatie, quand lui voulait la fermeté.

Il aborde également l’argument économique qu’il n’élude pas sur France Inter, fin mai :
« J’étais étonné de valoir un million d’euros. Gallimard, j’ai appris qu’ils voulaient me proposer un contrat de 100.000 euros. Et là, j’ai dix fois plus. Formidable ! »

Cependant, en avril, celui qui l’a fait signer se fait éjecter. Olivier Nora, PDG de Grasset, prend la porte, l’arrivée de Sansal suscite beaucoup de tensions et 170 auteurs signent une tribune liant leur sort à celui de l’un des noms les plus respectés du monde de l’édition.

Des déclarations polémiques

Dans la foulée, Boualem Sansal reçoit les honneurs de l’Académie royale de Bruxelles et lâche quelques mots :
« La France est finie pour moi. C’est fini, il me reste que quelques mois à tirer dans ce pays et je me tire. » Tensions, polémiques, divorce… L’écrivain avance finalement des explications, fin mai, sur TF1.

« L’islam a détruit mon pays, je ne peux pas aimer cette idéologie, je ne peux pas aimer cette religion, » lance-t-il. « L’extrême droite, ce sont les journalistes qui disent ça, non, ma critique est sur l’islam, l’islamisme et les islamistes. » Et désormais, La Légende se présente comme la version définitive d’un auteur au cœur de l’actualité depuis sept mois.



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