L’ancien DRH du Ministère de la Culture a été mis en examen par deux juges d’instruction, notamment pour « administration de substance nuisible », « violences par personne chargée de mission de service public » ou « atteinte à l’intimité ».
Publié
Temps de lecture : 1 min
/2026/06/03/6a209c2b64d11761130334.jpg)
Une nouvelle étape dans ce dossier tentaculaire de soumission chimique au travail a été annoncée. Une audience pour discuter du cas de l’ancien haut fonctionnaire Christian Negre et du Ministère de la Culture se tiendra jeudi 4 juin à 9h30 au tribunal administratif de Paris.
« Il s’agit du volet administratif de l’affaire, par lequel les victimes demandent à la justice de reconnaître la responsabilité du Ministère de la Culture, en tant qu’employeur de Christian Negre pour l’avoir laissé agir pendant près de 10 ans », a déclaré la Fondation des femmes, qui accompagne environ cinquante victimes dans une note adressée à la presse mercredi 3 juin.
Christian Negre, ancien haut fonctionnaire du Ministère de la Culture, est accusé de soumission chimique par plus de 200 femmes. Il leur aurait administré des diurétiques pour les contraindre à uriner, sous couvert d’entretiens professionnels. Ce dernier, qui a également officié à la Direction des affaires culturelles de la région Grand Est, a été mis en examen par deux juges d’instruction, y compris pour « administration de substance nuisible », « violences par personne chargée de mission de service public » ou « atteinte à l’intimité ».
Six ans après le début d’une enquête hors du commun, au moins 248 victimes ont été recensées, dont « au moins 180 » se sont constituées parties civiles, selon les informations du parquet datant de février 2026.
« Les avocates ont obtenu une première victoire en janvier 2023 pour 8 victimes, le tribunal administratif de Paris a condamné l’État à indemniser les victimes pour la faute personnelle de Christian Negre », rappelle la Fondation des femmes. Toutefois, la justice administrative avait refusé de reconnaître la responsabilité du Ministère de la Culture en tant qu’employeur pour avoir permis à Christian Negre d’agir pendant de nombreuses années avant que l’affaire ne soit révélée par la presse, et de ne pas avoir protégé les victimes. La fondation déplore que « malgré un appel du jugement et un recours en cassation devant le Conseil d’État en 2025, les juridictions administratives ont toujours refusé d’examiner la responsabilité propre de l’administration ».
L’audience de jeudi concerne dix autres victimes et examinera à nouveau la responsabilité du Ministère de la Culture.
À regarder
-
Panayotis Pascot : « Maman, papa… désolé »
Durée : 2 min
-
Patrick Bruel : pourquoi une si longue omerta ?
Durée : 3 min
-
Festival de Cannes : qui sont les « chasseurs d’invitations » ?
Durée : 1 min