Tous les jours, une personnalité s’invite dans le monde d’Élodie Suigo. Mercredi 3 juin 2026, la romancière Maud Ankaoua fait son apparition. Elle publie son nouveau livre, Tu m’avais promis, aux éditions Eyrolles.
Publié le 03/06/2026 à 11:43
Temps de lecture : 4 min
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Rien au départ ne destinait Maud Ankaoua à devenir autrice, car longtemps, sa vie s’est construite loin des livres. Elle a étudié les sciences politiques, travaillé dans la finance, puis dans la communication et l’événementiel. Ces univers exigeants, où tout va très vite, l’ont poussée à ralentir sa cadence de vie suite à un problème de santé, une fatigue profonde et la nécessité de voir les choses différemment. Peu à peu, l’écriture est devenue un espace pour poser des mots et en 2016, elle a publié Kilomètre zéro, qui a rencontré un succès retentissant avec 8 millions d’exemplaires vendus. Depuis, elle a continué à écrire des romans qui explorent les moments de réinvention. Le 12 mars 2026, elle a publié Tu m’avais promis aux éditions Eyrolles, qui aborde l’idée forte selon laquelle les promesses transforment les rêves en projets et les projets en réalité.
Franceinfo : Quand on a connu un succès aussi marquant que celui de Kilomètre zéro, dans quel état d’esprit se remet-on à écrire une nouvelle histoire ?
Maud Ankaoua : J’ai la volonté vraiment de partager des choses qui m’aident au quotidien, donc je ne me mets pas de pression. Le premier a fonctionné, le deuxième aussi, le troisième également, alors qu’en est-il du quatrième ? Je donne toujours le meilleur et je raconte ma vie, donc je suis une très mauvaise romancière. 90 % de mes livres sont vrais ; je vis ces expériences et partage des clés qui m’aident au quotidien.
Une histoire familiale et de promesses
Tu m’avais promis raconte l’histoire d’un père, Gabin, et de sa fille, Luce. Le jour de ses 8 ans, elle se réveille et va voir son père pour lui rappeler une promesse faite lorsqu’elle avait 5 ans : ils partiraient ensemble en voyage pour son anniversaire. Gabin est interpellé, ne se rappelant pas de cette promesse, et Luce l’oblige à s’en souvenir. À première vue, il se demande comment elle a pu garder cela en tête. À travers son lutte pour survivre après l’absence de la mère, Luce devient le moteur qui lui permet de se redécouvrir et de retrouver confiance en lui.
Maud Ankaoua souhaite explorer également la sagesse de ceux qui nous entourent, notamment celle des enfants ainsi que la nature et les animaux. « Les enfants ont cet enthousiasme constant qui nous pousse également, dans notre sérieux d’adultes, à réincarner cette joie de vivre », exprime-t-elle.
L’écriture née de l’adversité
Franceinfo : L’écriture est née dans l’adversité. Cela aurait pu être quelque chose de négatif, mais vous l’avez transformé en positif. Pouvez-vous nous raconter le moment où cela bascule ?
Je finalisais la vente de mon entreprise avec mes associés à un grand groupe français. Je me retrouvais un peu dans le vide, ne sachant pas vraiment ce que j’allais faire de ma vie, proche d’un burn-out. En quête d’appaisement, je décide de réaliser un grand rêve : partir au Népal. Peu après, j’apprends le décès de mon associé, Alain, d’une crise cardiaque. Cela me fait réaliser à quel point tout peut basculer rapidement. Ainsi, je comprends qu’il faut apprendre à vivre différemment, pas en projetant mille coups d’avance, mais vraiment en apprenant à vivre au présent.
Les nouveaux yeux du voyage
Maud évoque une citation de Marcel Proust : « Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux ». Cette citation résonne particulièrement dans son parcours.
Elle répond à une question fréquemment posée : « Que faire quand on n’a pas les moyens de voyager ? » Elle suggère de changer son parcours quotidien, prenant un chemin différent pour aller au travail, même si cela ajoute une minute au trajet. « On est forcés d’ouvrir les yeux sur notre environnement. Voyager, c’est parfois simplement se balader dans une forêt », conclut-elle.
« On n’a pas nécessairement besoin d’aller très loin, simplement de changer sa caméra d’angle. Cela aide beaucoup à voir d’autres choses », ajoute-t-elle.
Un message pour la jeune femme d’hier
Si vous pouviez glisser une phrase à la jeune femme que vous étiez avant, qu’est-ce que vous lui diriez aujourd’hui ?
Je lui dirais de penser un peu plus à son corps et d’apprendre à l’écouter. J’avais négligé la profonde intelligence du corps, qui est bien plus importante que celle du mental. Je n’avais pas compris que c’était dans le corps que résidait le véritable luxe : la santé et le temps. Cela, je l’ai compris bien plus tard.