Le président américain a récemment écrit sur son réseau Truth Social pour qualifier Abelardo de la Espriella, un candidat millionnaire et novice en politique colombienne, de « dirigeant intelligent, fort et dur », promettant qu’il allait « stopper l’immigration illégale » et « restaurer l’ordre ».
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Abelardo de la Espriella, candidat de la droite dure à la présidentielle en Colombie, se présente comme un admirateur de Donald Trump. Dans un message publié le mercredi 3 juin sur son réseau Truth Social, le président américain l’a officiellement remercié et lui a témoigné son soutien en vue du second tour, qui opposera l’avocat millionnaire de 47 ans au sénateur de gauche Ivan Cepeda, héritier politique du président sortant, Gustavo Petro. « En raison de ses immenses succès dans la vie, et de son soutien politique envers moi, personnellement, c’est un honneur pour moi d’accorder à Abelardo mon soutien total et complet », a déclaré le président américain.
S’il était élu à l’issue du scrutin du 21 juin, ce novice en politique surnommé « El Tigre » « réussirait de façon exceptionnelle à faire croître l’économie, créer des emplois, promouvoir le commerce, stopper l’immigration illégale, réprimer le crime et la drogue, et restaurer l’ordre », a insisté Donald Trump.
Abelardo de la Espriella, qui détient la double nationalité colombienne et américaine, a immédiatement salué la nouvelle en promettant d’établir des relations « comme jamais auparavant » avec les États-Unis. Le pays « joue un rôle déterminant dans la lutte contre la criminalité et le narcoterrorisme », a-t-il déclaré, remerciant Donald Trump de son soutien, dans un entretien au magazine Semana. « Quand un pays s’immisce dans les décisions d’un autre pays, la liberté meurt », a réagi sur X le président de gauche sortant en invitant toute la Colombie à voter en toute liberté.
Ce n’est pas la première fois que le président américain tente de peser sur des élections en Amérique latine, soutenant ouvertement sur les réseaux sociaux des candidats de la droite populiste. En novembre, lors de l’élection présidentielle au Honduras, Donald Trump avait conditionné le soutien (y compris financier) des États-Unis à l’éviction de la gauche au pouvoir au profit du candidat « trumpiste » Nasry Asfura, qui avait été élu quelques jours plus tard. En octobre, le président américain avait également averti que le soutien économique à l’Argentine dépendait de la victoire du parti de son allié Javier Milei aux législatives, lui aussi couronné d’une large victoire.
Également admirateur de Donald Trump, ainsi que des présidents salvadorien Nayib Bukele et argentin Javier Milei, Abelardo de la Espriella partage avec ces alliés une rhétorique de « main de fer » pour lutter contre les organisations criminelles, promettant la mort ou la prison pour leurs membres. Mais il partage également un style et un langage polémique.
Mardi, un juge de Bogota lui a ainsi ordonné de présenter sous 48 heures des excuses publiques pour des propos sexistes tenus le 12 mai pendant une émission radio. Lors d’une interview filmée devenue virale sur les réseaux sociaux, le candidat « a montré sur son téléphone portable une photographie intime et a affirmé avoir obtenu le soutien de l’électorat féminin grâce à cette image », précise le jugement. Il « a ensuite insisté auprès d’une journaliste présente pour qu’elle regarde la photographie et la commente, à travers des phrases comme : ‘approche-toi et dis-moi ce que tu vois là’ et ‘ne sois pas timide' », dans un contexte « d’insinuation sexuelle explicite », ajoute la décision de justice.
En présentant ses excuses à la journaliste en question, sur X, Abelardo de la Espriella a répondu qu’il avait fait « de l’humour ».