Christophe Gleizes va bien, confirme le ministre des Affaires étrangères Jean. El título no





Interview sur la paix et le Mondial de football

Interrogé dans le « 20 Heures » de France 2, jeudi 11 juin, au premier jour de la Coupe du monde de football 2026, et la veille d’un sommet crucial entre Israéliens et Palestiniens, le ministre a indiqué avoir « obtenu qu’une visite puisse être rendue » au journaliste sportif incarcéré en Algérie, accrédité symboliquement pour le Mondial.

Interview avec Jean-Noël Barrot sur la situation en Iran

Jean-Baptiste Marteau : Donald Trump affirme ce soir, à propos de la guerre en Iran, que la signature d’un accord serait prête, que tous les derniers détails ont été validés. Comment interprétez-vous ce genre de déclarations ? Est-ce que vous vous dites que la guerre en Iran est peut-être terminée ?

Jean-Noël Barrot : Ce que je dis, c’est que si un accord a été trouvé, c’est une très bonne nouvelle qui pourra mettre fin à une situation insoutenable. Cela permettrait de rouvrir le détroit d’Ormuz et d’engager une négociation sur le programme nucléaire iranien. Autant de sujets qui seront à l’ordre du jour des discussions entre les chefs d’État et de gouvernement européens, arabes, et le président américain, qui se retrouveront à Évian mardi prochain autour du président de la République.

Pour le G7, le sujet risque d’être sur la table. En tout cas, pour l’instant, les médias d’État iraniens affirment qu’aucun accord, aucun texte n’a été signé avec Washington. Donc, prudence. Vous réunissez donc demain et lancez cet appel en vue d’une solution à deux États au Proche-Orient, près d’un an après la reconnaissance de l’État palestinien par la France. D’abord, qu’est-ce qui a changé dans les faits ? Qu’est-ce que cette reconnaissance a permis ou non ? Les choses ont-elles bougé ?

Les efforts que nous avons faits tout au long de l’année dernière pour rassembler la communauté internationale autour de cette solution à deux États, qui est la seule susceptible d’apporter la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine, mais aussi pour la région, ont permis d’ouvrir la voie à un plan de paix et à mettre fin à la guerre à Gaza. Il est nécessaire de relancer ce processus qui, depuis le début de la guerre en Iran, semble s’être stoppé.

Une relance nécessaire du processus de paix

Il faut le relancer. Ce que nous faisons demain à Paris, c’est construire un pont entre des Israéliens et des Palestiniens qui ne se parlent pas, et ne se voient pas. Il est presque impossible pour un Israélien d’aller en Palestine et pour un Palestinien d’aller en Israël. C’est pourquoi à Paris, ils vont enfin se rencontrer pour dialoguer. Un pont entre ces militants israéliens et palestiniens engagés pour la paix, et les gouvernements du monde ; 15 ministres seront présents pour recevoir leurs recommandations et leur appel à mettre en œuvre le plan de paix et la solution à deux États.

Est-ce qu’on peut être un acteur pour faire la paix au Proche-Orient alors que nos relations avec le principal acteur, Israël, sont extrêmement fraîches, pour ne pas dire mauvaises, en ce moment ? Nous considérons que ce sont les sociétés civiles qui ont un rôle essentiel à jouer pour préparer la paix. La paix ne se décrète pas. Elle ne peut pas résulter uniquement de grandes conférences diplomatiques. Elle se joue aussi dans les esprits, dans la capacité de reconnaître les souffrances, mais aussi les droits de l’autre.

La colonisation israélienne et ses conséquences

Au sujet de la colonisation israélienne, vous allez un peu plus loin dans cette déclaration qui sera rendue publique demain : vous souhaitez la condamner, mais aussi prévoir des sanctions visant directement les colons de Cisjordanie. Que signifie cela concrètement ?

Nous l’avons fait au niveau européen comme au niveau national. Nous avons pris des sanctions visant les responsables de l’explosion des violences et de l’accélération sans précédent de la colonisation illégale en Cisjordanie.

Ça veut dire quoi ? Bloquer des fonds par exemple ?

Ça veut dire qu’on leur interdit d’accéder au territoire européen. Ça veut dire qu’on gèle leurs actifs, leurs possessions éventuellement en Europe. Et ça veut dire aussi qu’on interdit quiconque de faire des transactions, de commercer avec eux.

Interaction avec les acteurs palestiniens

Côté palestinien : avec qui parlez-vous aujourd’hui ? Dans quel état se trouve l’autorité palestinienne ? C’est un acteur pour vous ? Demain, nous donnerons la parole à des Palestiniens, des représentants d’associations et de la société civile. Mais nous échangeons régulièrement avec l’autorité palestinienne, qui est la représentante actuelle du peuple palestinien, pour la soutenir mais aussi pour l’accompagner dans les réformes.

Mais est-elle encore légitime aujourd’hui ? Et le Hamas, dans tout ça, a-t-il encore une place concrète à Gaza ?

Le processus de paix n’avance plus. C’est pourquoi il faut le relancer, et la première étape est bien sûr le désarmement du Hamas, son exclusion de toute participation à l’avenir de la Palestine.

Situation du journaliste Christophe Gleizes

Un mot du Mondial de foot, qui débute ce soir avec la FIFA qui a accrédité le journaliste français Christophe Gleizes, toujours détenu en Algérie. Avez-vous de ses nouvelles, sera-t-il bientôt libre ? D’abord, je veux saluer la mobilisation du monde du sport, ainsi que celle de la famille de Christophe Gleizes, qui fait preuve de dignité et de courage. Nous avons obtenu qu’une visite puisse lui être rendue récemment, permettant de vérifier son état d’esprit et physique. Il va bien malgré l’épreuve très douloureuse qu’il traverse. Je souhaite qu’il puisse retrouver sa place dans le monde de la presse et du sport. Je profite également de l’occasion pour souhaiter bonne chance à l’équipe de France.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien dans son intégralité.



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