Vendredi 19 juin, le journal de 13 heures vous emmène à la découverte de la Corrèze et du viaduc des Rochers Noirs. Un pont autrefois parcouru par un pittoresque tramway qui reliait les villages de Tulle et Ussel. Il ne circule plus, mais le viaduc est ouvert aux piétons et cyclistes.
Un héritage architectural
C’est une histoire blottie dans un coin de verdure foisonnante : celle de la renaissance d’un viaduc ferroviaire, aujourd’hui joyau de la Haute-Corrèze, qui a aussi inspiré un gourmand amoureux de son terroir. Le 13 heures en week-end vous fait remonter le temps en Corrèze.
Redécouverte par les cyclistes et piétons
C’est une route étroite et sinueuse qui mène au viaduc, là où circulait un tramway à vapeur. Aujourd’hui, cyclistes et piétons redécouvrent cet ouvrage d’art. « C’est impressionnant », lance une femme. « J’ai connu le viaduc avant la restauration. Et là, c’est grandiose. C’est un bel ouvrage, c’est magnifique ce qu’ils ont fait », s’émerveille un cycliste.
Un investissement significatif
Près de 10 millions d’euros de travaux ont été investis par le département pour ce pont suspendu à 92 mètres de hauteur au-dessus de la rivière. Tout a été remis à neuf, notamment les suspensions. C’est un des cinq survivants de ce type au monde. Aujourd’hui, il n’y a plus de trains, seulement des souvenirs, comme pour un homme rencontré sur le pont. « Il a construit tous les murs de maçonnerie », assure Jean Geny, petit-fils d’un entrepreneur du viaduc.
Historique du Transcorrézien
Le président Poincaré inaugure le Transcorrézien en 1913. Il était alors le seul moyen de transport pour désenclaver les villages de la Haute-Corrèze, de Tulle, la préfecture, jusqu’à Ussel. Le père de Roger Fraysse était l’un des chauffeurs du tramway corrézien. « Il avait une casquette à visière. […] Et sur la casquette, il y avait TC, pour tramway corrézien », se souvient-il.
Le rôle durant la Résistance française
Le petit tramway corrézien a aussi joué son rôle auprès des maquisards de la Résistance française. « Pendant tout ce temps-là, il y avait le maquis dans les bois, et le tramway servait pour ces gens qui se cachaient avec la mitraillette dans le pantalon », raconte Roger Fraysse.
Restauration et impact local
En 1959, le train s’est arrêté, le viaduc a rouillé, puis il a été fermé à toute circulation. L’homme de 94 ans fait partie de ceux qui ont œuvré à la restauration du viaduc. Tout comme un boulanger, à sa façon, dans son village de 500 habitants, il confectionne depuis 20 ans des petits sablés, sur lesquels il écrit, lui aussi, l’histoire du pont. « On n’était qu’une poignée au départ et donc on voulait que tout le monde s’imprègne de l’importance de réparer ce pont. Je me suis dit, de mon côté, avec mon gâteau, je vais faire parler de ce viaduc », partage Daniel Raynal, boulanger à Soursac (Corrèze). Pari gagné, les sablés se vendent comme des petits pains et le pont a retrouvé son lustre, sa raison d’être. Un trait d’union entre les habitants de la vallée et désormais avec les touristes.