La hausse des noyades est confirmée en ces mois de juin et juillet, par rapport à l’an dernier, avec 131 décès. Les appels à la vigilance ne suffisent pas. Même expérimenté, sans réelle prise de risque, le danger reste présent. Claude, 68 ans, a failli se noyer au large de Cancale (Ille-et-Vilaine). Voici son témoignage.
Témoin d’une expérience traumatisante
Sur la plage de Cancale, Claude Aubaux, rescapé d’une noyade, nageait depuis plus de 50 ans sans le moindre danger, jusqu’à cette journée d’été où il cherchait à rejoindre sa femme Roselyne qui se baignait au loin. « J’ai voulu commencer à nager. D’emblée, j’ai perdu les pédales. Je ne savais plus où étaient le sable et le ciel. Très vite, l’eau rentre dans l’estomac et les poumons. On n’a pas le temps d’imaginer. C’est tellement rapide. J’ai vraiment senti le passage de la vie à la mort. C’était plutôt un moment serein, bizarrement », se souvient Claude, retraité.
Des sauveurs inattendus
Son salut est dû à un couple : une aide-soignante et un pompier, tous deux retraités, qui nagent à proximité et lui portent secours. « Il n’y avait plus de questions à se poser. On était à une dizaine de mètres de lui, donc on a fait la dizaine de mètres le plus vite possible », raconte Patrick Porcelli, pompier à la retraite.
Pendant ce temps, Roselyne, qui nageait bien plus loin, ne s’est rendu compte de rien. « J’ai vu deux personnes remonter quelqu’un et j’ai reconnu le maillot de bain noir et bleu », affirme-t-elle. « Il a moussé, la mousse est sortie de la bouche. On aurait dit qu’il était mort », ajoute Christine Bellée, aide-soignante à la retraite.
Intervention rapide des secours
Les secouristes prennent immédiatement Claude en charge. Massage cardiaque, SAMU, pompiers, tous vont se relayer auprès du retraité. « À l’hôpital, on a constaté quatre côtes fracturées. Mais il paraît que c’est le prix à payer pour rester vivant », relativise Claude. « On n’a absolument rien fait d’extraordinaire. C’est juste le fait qu’on était là au bon endroit, au bon moment », affirme Patrick.
Une amitié née de l’adversité
Une fois réveillé, Claude, qui ne se souvient de rien, lance un appel à témoins sur Cancale pour retrouver et remercier ses anges gardiens. Depuis, entre les deux couples, une solide amitié s’est tissée. « C’est une grosse reconnaissance parce que j’aurais perdu l’homme de ma vie », lance Roselyne. « Ce sont devenus des amis aussi proches que nos amis qu’on connaît depuis très longtemps », assure Claude.
Le retour à la baignade
Aujourd’hui, le couple préfère en rire. Depuis sa noyade, Claude, le miraculé, n’est retourné qu’une fois se baigner, il y a tout juste 15 jours, avec une seule condition : avoir sa femme et ses nouveaux amis à ses côtés.