Des ONG accusent Israël de crime de guerre après des attaques manifestement délibérées






Rapports sur les violations des droits humains au Liban

Dans leurs rapports, Human Rights Watch et Amnesty International dénoncent une attaque qui a visé des civils, tandis que The Legal Agenda évoque « des violations graves du droit international humanitaire ».

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La journaliste libanaise Amal Khalil dans le village de Jebbayn, au sud du Liban, en 2024. (AFP)
La journaliste libanaise Amal Khalil dans le village de Jebbayn, au sud du Liban, en 2024. (AFP)

Trois organisations de défense des droits humains ont publié des enquêtes distinctes, jeudi 6 août, dans lesquelles elles qualifient de « crime de guerre » une attaque israélienne dans le sud du Liban, qui a coûté la vie à la journaliste Amal Khalil en avril. Cette correspondante chevronnée de 42 ans, qui travaillait pour le quotidien Al-Akhbar, a été tuée. La caméraman indépendante avec qui elle se trouvait, Zeinab Faraj, a été blessée dans l’attaque survenue à Tiri, commune du Sud-Liban.

Les deux femmes s’étaient réfugiées dans un bâtiment après qu’une frappe israélienne avait visé une voiture qui les précédait. Mais le bâtiment a été pris pour cible. Seule Zeinab Faraj avait pu être secourue, les autorités libanaises accusant l’armée israélienne d’avoir entravé les opérations de sauvetage visant à sauver Amal Khalil alors qu’elle était encore en vie.

Le cercueil de la journaliste libanaise Amal Khalil à l'occasion de ses funérailles, à Bissariye au Liban, le 23 avril 2026. (MAHMOUD ZAYYAT / AFP)
Le cercueil de la journaliste libanaise Amal Khalil à l’occasion de ses funérailles, à Bissariye au Liban, le 23 avril 2026. (MAHMOUD ZAYYAT / AFP)

Sur son site, Human Rights Watch parle « d’attaques manifestement délibérées contre des civils (…), ce qui constitue un crime de guerre ». Dans son rapport, Amnesty International emploie les mêmes termes et appelle à diligenter une « enquête ». Les deux ONG affirment que « l’armée israélienne savait ou aurait dû savoir » que deux femmes civiles s’étaient abritées dans le bâtiment visé, pointant l’utilisation de drones survolant la zone à basse altitude. L’enquête menée par l’organisation libanaise The Legal Agenda a également conclu à « des crimes de guerre et des violations graves du droit international humanitaire ».

L’armée israélienne avait déclaré avoir frappé un véhicule « qui venait de quitter une installation militaire utilisée par le Hezbollah », mouvement pro-iranien, et par la suite un bâtiment. Elle avait démenti avoir empêché les équipes de secours d’accéder à la zone. Dans une réponse au rapport d’Amnesty International, elle a précisé que « l’incident avait fait l’objet d’un examen préliminaire et que les enseignements » avaient été tirés, « regrettant tout préjudice causé aux journalistes ». Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), « 15 journalistes et professionnels des médias ont été tués par Israël » au Liban depuis octobre 2023.



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