Un vaste réseau de trafiquants a été mis au jour à partir d’un bâtiment de Monceau-sur-Sambre. Les produits de contrebande étaient fabriqués sur place, dans le plus grand secret.
Découverte d’un atelier clandestin
À première vue, il s’agissait d’un simple bâtiment industriel de Monceau-sur-Sambre (Belgique). Mais un immense atelier clandestin se cachait en réalité à l’intérieur, avant d’être démantelé par les douaniers belges. Près d’un million de cigarettes contrefaites, prêtes à être écoulées, ont été découvertes dans ces lieux. « Ici, on met le tabac, la machinerie se met en route. La production se fait par là. », décrit Kristian Vanderwaeren, directeur général de l’administration belge des Douanes et Accises.
Conditions de vie des travailleurs
Un dortoir avait été installé pour 42 travailleurs vietnamiens qui vivaient sur place, coupés du monde. Un agent des douanes décrit l’une des chambres, avec « petites cabines aménagées dans lesquelles les ouvriers de la fabrique dorment et passent leur temps. » Ces petites mains « n’étaient plus là » à l’arrivée des agents. Partis en toute hâte, ils ont tout laissé en l’état : de quoi cuisiner, des toilettes insalubres et une réserve encore pleine de nourriture.
Mesures de sécurité et efficacité de la production
Les trafiquants contrôlaient l’ensemble de la chaîne de fabrication et avaient soigneusement insonorisé les lieux pour dissimuler le bruit des machines. « Le mur était complètement isolé » et « on a dû découper » dans l’isolation, explique un agent. « On tombe sur le séchoir. Directement, on sent le tabac, évidemment, il faisait noir, on était avec les lampes de poche mais on sait que c’est une fabrique de cigarettes, on s’en doutait déjà, mais là, on a la certitude. », raconte encore l’agent.
Liens avec le marché français
Cette usine clandestine écoulait-elle sa production en France ? Cette piste est étudiée par les gendarmes de la section de recherche de Lille (Nord), qui viennent de mettre la main sur des cartons venus de Belgique. À l’intérieur, ils ont découvert 600 cartouches de cigarettes contrefaites imitant la marque Marlboro, des liasses de billets et même une arme. Trois suspects seront jugés le 28 janvier 2027 pour avoir participé à ce vaste réseau de contrebande entre la France et la Belgique.
Un trafic d’ampleur inédite
Les gendarmes de la section de recherches de Lille (Nord) ont « identifié 120 trajets avec 7 500 paquets de cigarettes pour chaque trajet, donc environ 15 cartons, ce qui représente un trafic assez important », détaille le lieutenant-colonel Cécile Lambert. Le préjudice est estimé autour de 12.000.000 euros, pour un trafic devenu extrêmement rentable avec l’envolée du prix du paquet de cigarettes en France.