La Poste a annoncé que les salariés dont les centres étaient fermés en raison des incendies devront rattraper 14 heures de travail, à raison d’une heure par jour. Cette décision a suscité des réactions vives parmi les employés et les syndicats.
Alors que le centre de tri de Cestas a fermé ses portes pendant une semaine, certains salariés évacués n’ont pas pu se rendre au travail. La Poste aurait maintenu tous les salaires, mais demande à ses employés de rattraper les heures perdues.
Une réaction indignée des syndicats
« À l’heure où tout le monde se félicite de la solidarité nationale, on a trouvé ça indécent », déclare Johnny Perré, facteur et secrétaire départemental à la CGT FAPT Gironde. Il s’indigne contre la décision de sa direction, largement relayée sur les réseaux sociaux. Le courroux des syndicats concerne surtout l’ordre de rattrapage des heures non travaillées pendant les incendies ayant touché le secteur depuis le 22 juillet.
Un email envoyé le 26 juillet par le directeur exécutif délégué de Nouvelle-Aquitaine mentionne une « période exceptionnelle que nous traversons ». Il précise que si l’activité est interrompue, le salaire sera garanti à 100 %, avec des heures reportées, mais lorsque le site est ouvert et que l’agent ne peut pas s’y rendre pour cause d’incendies, il pourrait être proposé de travailler sur un autre site.
Cette application de la loi soulève de vives critiques. Frédéric, un fonctionnaire de La Poste à Cestas depuis 32 ans, s’exprime : « Je ne comprends pas : notre site était fermé, les axes routiers étaient eux-mêmes fermés. Il y avait plein de solutions, notamment le chômage partiel. »
Des heures rattrapées, mais comment ?
Au total, une vingtaine de bureaux de poste ont dû suspendre leur activité, entraînant l’immobilisation d’environ 700.000 courriers. Johnny Perré assure que tout le courrier qui devait transiter pendant les incendies a aujourd’hui été traité. Il accuse La Poste de tirer profit de cette situation délicate. « On nous donne un an pour récupérer ces heures. Elles ne vont pas être rattrapées maintenant, mais pendant les périodes très denses comme Noël ou le Black Friday, alors qu’ils ont l’habitude de payer des intérimaires pour faire face à l’accroissement de l’activité à cette période », affirme-t-il.
Selon Perré, la « guérilla médiatique » menée par les syndicats ces derniers jours a fait plier La Poste, puisqu’un communiqué publié le 6 août limite le rattrapage des heures perdues à deux jours maximum et ne concerne pas les « collaborateurs qui étaient en congé ou en arrêt maladie au moment des incendies ».
Les syndicats jugent néanmoins cette inflexion insuffisante, plaidant pour une autorisation spéciale d’absence pour les employés n’ayant pas pu se rendre dans des centres ouverts. « Si La Poste continue sur cette voie, un mouvement social très important est à prévoir début septembre, possiblement à l’échelle nationale », annonce Johnny Perré.
Une réunion extraordinaire du Comité social et économique, réunissant les dirigeants et les représentants du personnel, est prévue ce mardi, dans l’espoir de trouver une solution plus satisfaisante pour l’ensemble des salariés concernés.