Cela me coûte 500 euros par jour : les agriculteurs irlandais évaluent limpact de la






Sécheresse en Irlande : Une crise pour les éleveurs laitiers

L’Irlande est frappée par une sécheresse sévère. Les prairies ne poussent plus, et les éleveurs laitiers, inquiets, doivent puiser dans leurs réserves de fourrage d’hiver. Le média public irlandais RTE a recueilli leurs témoignages.

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Un éleveur irlandais, interrogé par le média public RTE. (RTE)
Un éleveur irlandais, interrogé par le média public RTE. (RTE)

En Irlande, l’absence de croissance de l’herbe, due à une longue période de sécheresse, coûte environ 500 euros par jour à de nombreux éleveurs laitiers, qui doivent utiliser leurs réserves de fourrage d’hiver pour nourrir leurs troupeaux. Dans certaines régions de l’est et du sud du pays, le manque de précipitations au cours du dernier mois a entraîné un déficit d’humidité du sol pouvant atteindre 94 mm, stoppant presque complètement la croissance de l’herbe.

Selon Shay Phelan, spécialiste des cultures au Teagasc, l’organisme public irlandais de recherche et de conseil agricoles, la plupart de la région a enregistré environ 5 à 6 mm de pluie sur l’ensemble de juillet. « Ce n’est rien, cela signifie qu’il n’y a pas de croissance, » explique-t-il.

Cela pose un problème majeur aux éleveurs, qui doivent trouver d’autres moyens de nourrir leurs bêtes. Le troupeau de 130 vaches de William Cassidy, éleveur dans le comté de Laois, a dû quitter les pâturages et puiser dans les réserves. « L’objectif était d’avoir 300 jours de pâturage, mais cela fait maintenant six semaines que nous donnons des rations d’hiver complètes à nos animaux et la fin n’est pas en vue : il n’y a absolument pas d’herbe, » déclare l’éleveur.

« Les vaches sont heureuses, mais tout cela a un prix : ce sont les rations de l’hiver prochain qu’elles sont en train de manger. »

William Cassidy, éleveur dans le comté de Laois

À RTE

Selon Cassidy, la nécessité de nourrir son troupeau de cette manière « coûte probablement 4 euros supplémentaires par vache et par jour dans une année où les coûts de l’azote, des engrais et de l’énergie sont déjà élevés ». « Pour moi, avec un troupeau de taille moyenne de 130 vaches, cela me coûte 500 euros par jour, » ajoute-t-il.

Le comté de Carlow est l’une des zones où le déficit d’humidité du sol cause d’énormes problèmes. Alan O’Reilly, de l’agence météorologique Carlow Weather, indique que « seuls 4 mm de pluie sont tombés depuis le 1er juillet dans certaines parties du comté ». « Il a vraiment très peu plu. Nous avons connu des températures élevées, allant jusqu’à 30°C. Malheureusement, les conséquences sont visibles lorsque je me promène : les terres sont brûlées, » précise-t-il.

O’Reilly explique que les modèles météorologiques indiquent que la pluie se dirige vers l’Irlande, mais qu’elle diminue à mesure qu’elle se déplace vers le sud-est. « À Carlow et dans le sud-est en général, ces précipitations n’arrivent pas. Il semble qu’il y aura un peu de pluie, mais les quantités diminuent, » ajoute-t-il.

Gilbert Smyth, un agriculteur de Bagenalstown, possède un troupeau de vaches laitières et une exploitation de grandes cultures. Il déclare que, cette année, « les rendements sont en baisse, bien en dessous de ceux du printemps, et encore plus par rapport à l’hiver ». « Nous souffrons énormément de la perte de revenus due à la baisse des rendements et à la flambée des coûts, » explique-t-il.

Gilbert Smyth gère un troupeau de vaches allaitantes et une exploitation de grandes cultures (RTE)
Gilbert Smyth gère un troupeau de vaches allaitantes et une exploitation de grandes cultures (RTE)

Cet agriculteur de Carlow explique qu’en raison de la baisse des rendements, des économies devront être faites ailleurs. « Nous disposons d’une somme d’argent à réinvestir. Quelqu’un d’autre en fera les frais à la fin de l’année, car nous ne réinvestirons probablement rien. À l’avenir, nous n’apporterons que peu d’améliorations à notre exploitation, » confie-t-il.

En ce qui concerne les cultures, Shay Phelan indique que la taille et la qualité des récoltes sont fortement affectées par le manque d’humidité. « Nous constatons que les cultures, comme le maïs, qui devraient mesurer 2,5 mètres, n’atteignent qu’environ 1,75 mètre. Elles ne vont pas exploiter pleinement leur potentiel, » souligne-t-il.

« Concernant les pommes de terre, il y aura une baisse des rendements et une diminution de la taille des tubercules. Les producteurs auront du mal à répondre aux exigences de qualité requises pour que leurs produits soient présentés en supermarché. »

Shay Phelan, de l’organisme irlandais Teagasc

À RTE

Francie Gorman, président de l’Association des agriculteurs irlandais, a fait une tournée des exploitations agricoles touchées par la sécheresse. « Nous avons demandé la convocation du Comité national pour le fourrage et la sécurité alimentaire. Nous souhaitons qu’il se réunisse rapidement et que le ministre prenne des mesures pour aider les agriculteurs à traverser cette période, » plaide-t-il.

« Le gouvernement doit subventionner le transport du fourrage des régions où il est disponible vers celles où il est nécessaire, » ajoute-t-il. « Nous souhaitons également que les banques et les commerçants apportent leur soutien aux agriculteurs durant cette période de hausse des coûts. »

Le ministre de l’Agriculture a déclaré qu’il envisagerait de convoquer à nouveau le Comité national pour le fourrage et la sécurité alimentaire afin d’aider les agriculteurs, dès que le Teagasc aura achevé son enquête nationale sur le fourrage dans les semaines à venir.

Un article écrit par Aengus Cox (RTE), initialement publié le 13 août 2026 à 20h39. Traduit et édité pour franceinfo par Alice Kouri.



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