Si le duo d’acteurs fait merveille, la mise en scène de ce film d’action signé Padraic McKinley ne parvient pas vraiment à nous emporter.
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Ce nouveau film de Padraic McKinley était présenté en ouverture de la 52e édition du Festival du cinéma américain de Deauville, qui honorait cette année Ethan Hawke en lui décernant un Deauville Talent Award pour l’ensemble de sa carrière. Les Contrebandiers sortira dans les salles le 16 septembre.
Oregon, 1933. Murphy (Ethan Hawke) vit de petite contrebande et se débat pour survivre dans l’Amérique du début des années 30, en pleine crise économique depuis le crash de 1929. Expulsé de son appartement, puis arrêté, il est séparé de sa fille, qu’il élève seul. Placé dans un camp de travail, il accepte un marché que lui propose Clancy (Russell Crowe), le patron du camp.
Cette mission officieuse consiste à trimballer un magot de plusieurs dizaines de lingots d’or à dos d’homme, à travers les bois sauvages de l’Oregon, habités par des brigands qui rôdent autour des mines. L’objectif affiché est de mettre cet or à l’abri des convoitises, afin qu’il puisse, comme l’exige Roosevelt, rejoindre les caisses de l’État.
Murphy doit accomplir cet exploit avec une équipe composée de trois autres hommes qu’il a choisis dans le camp, auxquels s’ajoutent deux sbires de Clancy, et une femme trouvée en chemin. S’il réussit, Murphy sera libre et pourra retrouver sa fille, lui promet Clancy.
Si l’intrigue se concentre sur l’action, avec la série d’épreuves que cette équipe, sacs à dos remplis d’or, va devoir affronter, le film est aussi une peinture de l’Amérique du début des années 30, durablement marquée par la crise de 1929, avec en toile de fond l’exploitation des plus pauvres par les riches propriétaires miniers, la prohibition, la ségrégation, la corruption, et le racisme. Le film, tourné en Bavière, fait illusion, offrant de beaux plans de la nature, notamment de la forêt et de ses cours d’eau.
Ethan Hawke dans le rôle du gentil héros et Russell Crowe dans celui du méchant composent un duo antagoniste convaincant, avec Julia Jones en contrepoint féminin et représentante des natifs. Avec une esthétique années 80 (fondus enchaînés, éclairage au feu de bois et vestes en jean) et une bande-son composée à base de sons naturels, plutôt réussie, mais parfois trop présente, la mise en scène s’essouffle un brin entre des scènes d’action survoltées.