Présenté en avant-première à Biarritz, pour l’ouverture du festival « Le temps d’aimer la danse », ce spectacle fusionne la voix et la musique de l’artiste pop November Ultra avec la gestuelle de neuf danseurs. Suave et lumineux, il a su captiver le public lors des représentations les 10 et 11 septembre.
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Dans le théâtre de la gare du Midi, Benjamin Millepied prend la main de November Ultra, surnommée Nova. Entouré des neuf danseurs qui l’accompagnent sur scène, il lui souffle : « Merci de nous avoir tous inspirés« . Ce spectacle d’1h10 s’installera aux Folies Bergère, à Paris, du 24 au 29 novembre.
Devant une assiette de tapas, Benjamin Millepied confie avoir récemment découvert cette autrice-compositrice de 37 ans, révélation féminine des Victoires de la Musique en 2023. « C’est mon frère et ma nièce qui m’ont simultanément parlé d’elle en me montrant des vidéos« , raconte-t-il. Avant de connaître ses chansons, il était tombé amoureux de sa musique, séduit par sa finesse et sa délicatesse : « sa fragilité, sa façon de chanter sur le fil, c’est une musique qui m’a inspiré de la danse« . Il rencontre alors la chanteuse et lui propose de conjuguer leurs talents dans un spectacle en forme de concert live chorégraphié.
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Ce n’est pas un coup d’essai pour l’ancienne étoile du New York City Ballet, révélée en tant que chorégraphe par le film Black Swan, interprété par son ex-compagne Natalie Portman. Il a déjà « mis en danse » les chansons de Jeff Buckley en 2024 et s’est attaqué au répertoire d’une icône de la chanson française avec la pièce Barbara, du bout des lèvres. Présentée en avant-première à Montpellier en avril, cette création sera également à l’affiche des Folies Bergère du 9 au 22 novembre. « Ce qui peut les relier tous les trois, Barbara, Buckley et November Ultra, c’est une sensibilité à fleur de peau, une capacité à mettre leur cœur sur la table« , estime Benjamin Millepied.
Les deux premiers ne sont plus de ce monde, tandis que « la fille de novembre » est sur scène dans un long tutu blanc de ballerine. Sa belle voix vibre dans le théâtre et sa musique, comme un sortilège, envoûte les quelque 1.200 spectateurs réunis pour l’avant-première. La brillante Nova les convie dans son univers ouaté, « soft and tender » (doux et tendre en français), l’un des titres qu’elle reprend sur scène.
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De longs voilages blancs plissés couvrent le fond et les côtés de la scène. Ils créent un cocon soyeux, très épuré, inspiré des œuvres de l’artiste américain James Turrell, où se diffuse une lumière continue. Jaune pâle, vert amande, mauve, abricot… des couleurs pastel teintent les voiles, en changeant imperceptiblement comme les nuances d’un jour qui passe, jusqu’au coucher du soleil. Benjamin Millepied a donné à son spectacle le nom d’une petite ville de la côte californienne qu’il adore et puise dans ses souvenirs de l’Ouest américain. « Cette côte est magique« , résume-t-il. Il tente de reproduire à Summerland (le pays de l’été en français) une douceur de vivre.
Sur la scène, juste un clavier, une guitare et un micro. November Ultra alterne les instruments, chante en anglais, plus rarement en espagnol. Elle apparaît et disparaît comme une muse, se mêlant parfois aux neuf danseurs pour esquisser quelques pas. Les danseurs traduisent avec leurs corps les mots de sa pop caressante. Sa voix et leurs mouvements se fondent, loin des ballets « décoratifs » de certains programmes de télévision. La personnalité de chaque danseur, tous excellents, est mise en avant. La beauté et la sensualité des pas de deux dégenerés et sans cesse renouvelés de Benjamin Millepied subjuguent. Sur cette musique onirique, il crée des baisers qui donnent des ailes et met les corps en apesanteur. Un régal pour les yeux comme pour les oreilles.
Il n’y a qu’une chanson originale dans la pièce, Summerland, interprétée a capella par November Ultra. Les autres figurent sur son premier album, né entre les murs de sa chambre, Bedroom Walls. « J’ai tout chorégraphié et ensuite on a choisi l’ordre des chansons pour le spectacle ensemble. Le premier jour de répétition, elle s’est dit : ‘Mon Dieu, à quoi j’ai dit oui’« , sourit-il, « mais ça n’a pas duré. Elle a été accueillie par les danseurs à bras ouverts, ça a été une histoire d’amour pour nous tous« .
Le soir de la première, de nombreux spectateurs se sont levés pour applaudir ce spectacle plein de tendresse et de poésie. « Moi, j’adore November Ultra et je connais peu le travail de Benjamin Millepied alors je suis super contente
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