Portraits géants, slogans martiaux, promesses de millions d’indemnités : les avocats spécialisés dans les accidents de la route saturent l’espace public californien. À Los Angeles et sur ses autoroutes, des panneaux déploient des portraits saisissants. Anh Phoong, robe rouge et lèvres incendiaires, pose devant les collines de Hollywood. Jacob Emrani, en gants de boxe, promet de mettre K.O. vos adversaires. Ardy Pirnia, lunettes noires, devient « Uncle Ardy » pour les Anglo-Saxons, « Tío Ardy » pour les Latinos, « Amoo Ardy » pour la diaspora persane. Sweet James, costume sombre et barbe taillée au cordeau, semble être sorti du film Casino de Scorsese.
Des stars de cinéma ? Des champions olympiques ? Non, des avocats. Leurs armes : des slogans percutants et un numéro écrit en gros. Leur spécialité : les accidents et dommages corporels, un contentieux lucratif souvent réglé sans procès. La détresse devient la matière première d’une industrie.
Un droit conquis devant la Cour Suprême
Ils s’étalent aussi sur les taxis, abribus et magazines. « La publicité des avocats a longtemps été proscrite aux États-Unis », explique Laurent Vonderweidt, avocat aux barreaux de Paris et de Californie. La réglementation a changé, permettant aux avocats de promouvoir leurs services de manière tapageuse et visible.

La présence de ces avocats est omniprésente, transformant l’espace urbain en arène publicitaire où la concurrence est rude. Au-delà des avocats, c’est un véritable phénomène culturel qui se dessine, où des personnalités autres que juridiques tentent de capter l’attention des passants en utilisant des tactiques visuelles et verbales frappantes.