Cette semaine, un sociologue tente d’expliquer la réussite du nouveau sélectionneur de l’Équipe de France à travers le prisme de ses relations familiales, amicales et professionnelles.
Publié
Temps de lecture : 2 min
(BEAUD / LA DECOUVERTE)
Alors que Zinedine Zidane a dévoilé, il y a deux jours, sa première liste de joueurs comme sélectionneur des Bleus, voici une biographie pas comme les autres. Des livres consacrés à Zinedine Zidane, il y en a eu beaucoup, évidemment, pour évoquer sa carrière sportive, son palmarès, son style exceptionnel. Mais cette fois, c’est un sociologue qui s’intéresse à lui.
L’analyse de Stéphan Beaud
Il s’appelle Stéphan Beaud, c’est un spécialiste des classes populaires et il a décidé de se plonger dans les interviews données par Zidane et par son entourage depuis le début de sa carrière pour distinguer « les conditions sociales » de sa réussite. Comment les liens amicaux, familiaux, professionnels ont forgé l’homme et le joueur.
Le lien pivot avec son père
Le lien essentiel qui ressort du livre, c’est le lien qu’il entretient avec son père. Un père qui a vraiment connu la misère, en Kabylie, donc en Algérie. C’est en 1953 qu’il débarque en métropole et son parcours est typique de cette première génération d’immigrés, nous dit Stéphan Beaud. Des travailleurs qui pensaient rester quelques mois en France et qui finalement s’y sont installés, en l’occurrence à Marseille.
C’est là que naissent les 5 enfants Zidane, Zinedine étant le petit dernier. Et comme les autres, il entend son père rabâcher les trois valeurs essentielles à ses yeux : le travail, le sérieux et le respect. Des valeurs qui expliquent aussi la réussite sportive de Zinedine Zidane, au-delà de son talent, comme en témoignent ses coéquipiers et ses entraîneurs.
Une détermination à réussir
Il voulait réussir dans le football, évidemment, ce sport qui était la seule échappatoire dans son quartier de la Castellane. Mais il voulait aussi être à la hauteur des sacrifices consentis par son père.
« Transfuge de classe », c’est le terme en tout cas choisi par Stéphan Beaud pour qualifier Zinedine Zidane, dans la mesure où il est passé, grâce au football, d’un quartier et d’une scolarité difficiles à la fréquentation des élites, puisqu’il est devenu ami avec des stars ou avec des grands patrons.
Les défis surmontés
Mais le parcours ne fait pas tout : Zidane a dû se débattre avec ce que le sociologue appelle un « marquage scolaire » négatif, le souvenir de son échec à l’école. Ça peut expliquer, par exemple, pourquoi il ne parlait pas beaucoup quand il était joueur, parce qu’il ne se sentait pas légitime pour s’exprimer.
Cela peut expliquer aussi le sérieux dont il a fait preuve, selon ses formateurs, quand il a voulu passer ses diplômes d’entraîneurs. Pas question pour lui de se reposer sur sa réputation. Il était très investi, plus que la moyenne, et il respectait là aussi les valeurs transmises par son père. Une filiation qui apparaît de bout en bout comme un moteur de sa carrière.