
ENQUÊTE – Le grand public a de plus en plus tendance à se reposer sur l’IA pour résoudre ses problèmes, quitte à ne plus vouloir chercher de solution par lui-même. Experts et chercheurs tirent le signal d’alarme et proposent des solutions.
«Lors d’une conférence, j’ai demandé au public s’il était encore capable de se souvenir de plus de deux numéros de téléphone. La grande majorité des spectateurs ne pouvait pas. En moins de 20 ans, les gens sont devenus totalement dépendants à l’application “Contacts” de leur smartphone.» L’anecdote de Wendy Mackay, informaticienne et directrice de recherche au centre Inria, en dit long sur notre rapport à la technologie : à force de nous faciliter certaines tâches, elle nous fait perdre la maîtrise. Après tout, le GPS nous a libérés des cartes Michelin froissées à déplier en plein trafic ; la calculatrice nous évite d’appliquer les méthodes de divisions euclidiennes apprises à l’école primaire ; et Internet lui-même nous dispense de longues après-midis passées à la bibliothèque publique pour trouver des réponses à nos questions.
Jusqu’ici, les technologies numériques n’étaient associées qu’à un seul type d’usage. Il n’a ainsi jamais été question d’utiliser sa Texas Instrument pour des opérations basiques dans la vie de tous les jours. Cependant, cette dépendance à la technologie pose des enjeux cruciaux. Les utilisateurs perdent peu à peu certaines compétences qu’ils considéraient auparavant comme acquises.
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