Affaire Thélyson Orélien : Philippe Claudel, président de lacadémie Goncourt, réagit avec






Thélyson Orélien et l’intelligence artificielle

L’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien a utilisé l’intelligence artificielle pour écrire son roman « C’était ça ou mourir », contrairement à ce qu’il affirmait. Cette annonce a été faite mercredi par son éditeur canadien, qui a décidé de mettre fin à leur collaboration.

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Philippe Claudel, écrivain et président de l'Académie Goncourt. (JOSEPH EID / AFP)
Philippe Claudel, écrivain et président de l’Académie Goncourt. (JOSEPH EID / AFP)

« On ne peut avoir qu’une réaction de tristesse », confie ce mercredi soir sur Franceinfo Philippe Claudel, le président de l’Académie Goncourt. Cette déclaration suit l’annonce faite par Boréal, l’éditeur de Thélyson Orélien, qui a confirmé que l’auteur a eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire « C’était ça ou mourir ».

« Le monde des lettres a été bouleversé, chamboulé par ce qu’il se passe depuis plusieurs semaines », estime Philippe Claudel. « Nous sommes à un tournant dans le monde de l’édition, dans le monde de l’écriture, dans le monde de la publication, parce qu’aujourd’hui, on va se poser la question : mais qui écrit quoi, et qui a écrit quoi ? » poursuit-il.

Selon lui, « c’est très intéressant d’un point de vue ontologique, anthropologique, on est vraiment à un tournant, un virage ». Il souligne également que « aujourd’hui, la possibilité, c’est finalement de faire travailler à notre place, sur une simple demande, des algorithmes, des logiciels, des applications qui vont générer des textes ».

La question de la nature des livres que nous tenons entre nos mains devient ainsi centrale. Philippe Claudel explique que c’est à l’éditeur et à la maison d’édition de garantir que tel ou tel texte est vraiment le fruit d’une personne humaine.

« Moi, ça ne me dérange pas que, dans un futur proche ou lointain, il y ait des livres qui soient estampillés intelligence artificielle, mais à partir du moment où on le dit, sur la couverture ou sur la quatrième de couverture, on le sait », affirme-t-il. Cela permet de distinguer les œuvres produites par des êtres humains de celles qui ne le sont pas.

« C’était ça ou mourir » a été écarté fin septembre de la sélection du prix Goncourt. L’Académie avait justifié sa décision en mettant en avant les « plagiats » que Thélyson Orélien a depuis reconnus, ainsi que les résultats convergents de plusieurs analyses de chercheurs et de journalistes dignes de foi.



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