Sa légende et son mystère ne cessent de nous ensorceler : le « Fantôme de l’Opéra », célèbre roman de Gaston Leroux est remis à l’honneur ces jours-ci au cinéma, mais aussi sur scène avec une comédie musicale. Pourquoi cette histoire, qui plonge ses racines dans des faits réels, fascine-t-elle toujours autant ?
Un Merveilleux Héritage Culturel
Quiconque a déjà mis les pieds à l’Opéra de Paris, que ce soit dans le grand hall ou plus encore dans ses entrailles, a forcément ressenti un léger frisson, comme une présence insaisissable, mystérieuse : celle du fameux fantôme de l’Opéra. Son histoire a marqué des générations entières. Un homme raconte : « Ça me rappelle ma jeunesse. Je l’ai découvert à la télé en noir et blanc, quand c’était en feuilleton« . Une femme ajoute : « C’est un petit peu mystérieux, il y a une petite mythologie autour de ça, mais sans savoir vraiment la décrypter« .
Un Personnage Éternel
Aujourd’hui, le cinéma remet au goût du jour ce personnage, déjà adapté plusieurs fois et devenu culte. Le personnage est né en 1910 sous la plume du Français Gaston Leroux. Il raconte l’histoire d’un compositeur de musique défiguré par un incendie, qui vit reclus dans les sous-sols de l’Opéra et tombe amoureux d’une cantatrice. Mais dès la première page, le romancier instille le doute : le fantôme de l’Opéra a existé.
Mythe ou Réalité ?
Alors, mythe ou réalité ? Pas si facile à dire. Car le roman s’inspire en partie de faits bien réels. Par exemple : dans le livre, la colère du fantôme se matérialise par la chute du grand lustre, en pleine représentation, sur la spectatrice assise à la place numéro 13. Or, un accident semblable s’était bien produit en 1896, relayé par la presse de l’époque. De quoi alimenter les fantasmes. Il y en a qui voudraient qu’on recherche son squelette, qu’on retrouve sa musique pour pouvoir la terminer. Il y a beaucoup de personnes qui ne veulent pas croire qu’il n’a pas existé, que c’est seulement un personnage de l’imagination de mon père, commentait Madeleine Lepine-Leroux, la fille de Gaston Leroux, en 1980.
Incidents et Légendes à l’Opéra
Ainsi, chaque incident survenu à l’Opéra sera attribué au fantôme, comme la mort d’une ballerine en 1932, retrouvée inerte sur la 13e marche du Grand Escalier, laissant, selon la légende, une marque encore visible aujourd’hui. Le fantôme a même toujours sa loge, à laquelle personne n’a accès. Elle lui reste réservée, peut-être une façon de se prémunir de ses colères.
Une Adaptation Inépuisable
En un siècle, le roman a été adapté des dizaines de fois dans le monde entier, en films, pièces ou spectacles musicaux comme celui joué en ce moment à Paris. Personne ne semble s’en lasser. Je crois que le fantôme de l’Opéra nous ramène beaucoup à notre âme d’enfant, et au plaisir qu’on avait quand nos parents au bord du lit nous racontaient une histoire, explique Benoît Solès, le metteur en scène du Fantôme de l’Opéra (Théâtre du Gymnase).
À Venir : Les Travaux de Rénovation
Terrifiant en 1925, bien plus présentable et romantique aujourd’hui, le fantôme a su s’adapter aux époques. Reste en revanche à savoir comment il réagira aux travaux de rénovation de l’Opéra, dont les portes se fermeront en 2027 pour cinq longues années.