Imported Article – 2026-10-26 21:42:00





Les Débats sur les Monuments Historiques et l’Urbanisme

Habiter près d’un monument historique a son charme, mais cela peut vite se transformer en casse-tête pour les propriétaires qui souhaitent modifier leurs logements. Ils peuvent souvent se heurter aux ABF, les « architectes des bâtiments de France », qui se montrent souvent intraitables lorsque des travaux, comme l’installation d’une climatisation, sont envisagés.

Des réglementations strictes

Marly-la-Ville est une petite commune du Val-d’Oise, autour de son église classée du XIIIe siècle. En raison de cette classification, il est impossible de construire ou de modifier une maison à proximité sans l’accord de Benjamin Aba Péréa, un jeune fonctionnaire du ministère de la Culture, qui est également ABF. « L’église, qui est monument historique, génère un rayon de 500 mètres dans lequel on a un espace que l’on souhaite préserver et protéger », indique-t-il.

À seulement 150 mètres de l’église, construire un immeuble sur la rue n’est pas envisageable. Cependant, caché derrière une maison en pierre au fond d’un parc, il n’y a pas de problème. « Ça n’aurait pas été possible de venir implanter un bâtiment avec un gabarit aussi important sur la rue, qui aurait totalement défiguré le centre ancien de Marly-la-Ville », précise Benjamin.

Les exigences architecturales

Ce jour-là, Benjamin a rendez-vous avec l’architecte du nouvel immeuble. Pour les fenêtres, pas de PVC, mais des persiennes en bois afin d’éviter un refus. Ensemble, ils se sont mis d’accord sur une façade couleur pierre, utilisant des petites tuiles plates de la région, le tout sans surcoût et pour mieux se fondre dans l’environnement. « Ils ont des compétences que nous, on n’a pas forcément et on est plutôt demandeurs. Après, ça peut être très contraignant, je pense, dans les centres urbains, type centre-ville de Paris où là, on a un effet musée où on ne peut vraiment rien faire », déclare Erik Mootz, architecte chez Mootz et Pelé Architectes.

Climatisation et inégalités

Direction Paris et ses toits de zinc. Cet été, des logements ont été transformés en véritables bouilloires, comme celui de Nicolas Verdier, près du Sacré-Cœur. Il aurait aimé installer une climatisation avec pompe à chaleur sur sa toiture, mais c’est impossible à cause de la proximité de monuments historiques. Cet été, son appartement a dépassé les 35 degrés. Il a dû se réfugier chez ses parents, tandis que ses voisins bénéficiaient d’une climatisation parfaitement visible. « Un petit sentiment d’injustice, d’incompréhension. Pourquoi nous, on n’a pas le droit, alors que les autres le font? », regrette-t-il.

Des expériences variées avec les ABF

Nicolas n’est pas le seul à avoir rencontré des difficultés avec les ABF. Par exemple, dans un ensemble des années 80, un architecte a demandé un premier avis d’ABF qui a refusé tout travail d’isolation avant d’être remplacé par un second plus ouvert à la discussion. Pour cet architecte, c’est un peu la loterie. « Il n’y a aucune règle écrite. On est dans un domaine esthétique, donc effectivement chaque ABF a sa subjectivité et se prononce en fonction de sa perception des choses », regrette Ivan Fouquet, architecte de l’Agence FAIR. Finalement, après discussion, il a réussi à rehausser la toiture, tout en réduisant la hauteur de l’isolation et en rendant celle-ci invisible de la rue.

Vers une meilleure communication avec les ABF

Au ministère de la Culture, la directrice du patrimoine admet que les opinions des ABF peuvent diverger et appelle à discuter avec eux. « On n’est pas face à une science dure. Dans la discussion qu’on peut avoir avec un demandeur, la réponse peut être différente. Mais dans la totalité des cas, il y a une solution technique. Parlez à l’ABF si vous avez besoin de conseils », recommande Delphine Christophe, directrice des Patrimoines et de l’Architecture. Cependant, ils sont débordés, avec seulement 190 architectes des bâtiments de France pour plus de 550.000 avis sollicités par an, tous rendus en moins de deux mois.



FONTE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *