Imported Article – 2026-02-25 18:50:18





Cas d’agressions sexuelles dans le périscolaire parisien

Les révélations, fin novembre, de cas d’agressions sexuelles dans le périscolaire parisien, ravivent la colère des parents d’élèves de l’école Paul-Dubois. Dès 2019, leurs enfants avaient dénoncé les agressions sexuelles et les viols d’un animateur. Aujourd’hui, les familles redoutent un non-lieu.

Aurore et le parcours de sa fille Nour

Aurore (prénom d’emprunt) et sa famille vivent à Paris. À la rentrée 2018, leur fille Nour (prénom d’emprunt), rentre en grande section de maternelle à l’école Paul-Dubois, située à Paris dans le troisième arrondissement. À cinq ans, elle présente des signes de détresse. « Dès la Toussaint, j’ai repéré que Nour n’allait pas bien », explique sa mère. « Elle avait recommencé à faire pipi au lit, faisait des cauchemars toutes les nuits, elle était aussi devenue très agressive envers moi », raconte-t-elle.

Dès février 2019, des parents de l’école Paul-Dubois déposent plainte à la brigade de protection des mineurs de Paris pour agression sexuelle, incitant Aurore à questionner sa fille. « Un jour, je lui ai demandé s’il s’était passé quelque chose dans son école », raconte-t-elle. La réaction de Nour est immédiate : « Elle a hurlé et est partie en courant… ‘Oui, il nous a dit de faire des choses mais je ne veux pas en parler' », crie sa fille.

Aurore emmène sa fille consulter des médecins et des psychologues pour l’aider à aller mieux et parler de son angoisse. « Ma fille s’est exprimée à travers des poupées, des dessins », explique la mère de Nour. « Sur un des dessins, on voit son agresseur avec un couteau dans la main. J’ai compris plus tard qu’en fait, il la menaçait de mort, et nous menaçait de mort, nous, ses parents », confie-t-elle.

Sa fille, Nour, aujourd’hui âgée de 12 ans, fait partie des enfants qui ont dénoncé en 2019 des agressions sexuelles et des viols de la part d’un animateur de l’école maternelle Paul-Dubois, à Paris. Dix-neuf enfants, qui avaient entre 3 et 5 ans au moment des faits, ont été entendus par la justice.

Des lenteurs judiciaires inquiétantes

En juin 2019, l’enquête a été classée sans suite pour « infraction insuffisamment caractérisée ». Après le dépôt de nouveaux éléments, une instruction a été ouverte fin 2019, puis close en 2025. Aujourd’hui, sept ans après les premières accusations, les familles redoutent un non-lieu.

Depuis le début, l’animateur a toujours contesté les faits. La mairie décide de le suspendre le 13 février 2019 à titre conservatoire. Aurore s’inquiète des suites judiciaires, exprimant : « On aimerait bien arriver au procès, mais pour l’instant, c’est mal engagé. Voilà sept ans qu’on se bat pour faire entendre les voix de nos enfants qui n’ont absolument pas été assez pris en considération par la justice ».

Sept ans après les premières accusations, cette mère de famille regrette la lenteur de la justice. Elle craint un non-lieu et un classement de l’affaire. « Ce que je ne comprends pas, c’est que quand vous avez une quinzaine d’enfants qui décrivent tous les mêmes faits, et qu’il y a 19 professionnels de santé qui confirment la crédibilité des dires des enfants… et qu’en face, quelqu’un [l’animateur] continue à être payé par la mairie de Paris et n’a jamais été mis en examen ». Elle s’insurge : « Est-ce qu’il leur faut 50 enfants violés ? 100 enfants violés ? »

Conséquences durables sur la vie des enfants

Aurore et sa famille ont depuis quitté Paris, mais le traumatisme est présent au quotidien, décrit sa mère. « Ma fille aujourd’hui est incapable d’aller dormir chez ses mamies, de faire des soirées pyjama chez des amis… Pour elle, c’est impossible, je dois être là tout le temps et elle a 12 ans », confie Aurore.

Après les révélations faites fin novembre sur de nouveaux cas d’agressions sexuelles dans le périscolaire à Paris, les parents d’élèves de l’école maternelle Paul-Dubois ont publié une tribune dans le journal Libération. Ils dénoncent « un même aveuglement qui se répète » dans le périscolaire parisien.

Les parents décrivent : « Le déni de l’institution scolaire, de la Ville de Paris, ainsi que les manquements des enquêtes administratives et policières… Ce sont les mêmes failles, les mêmes dysfonctionnements, le même aveuglement qui se répètent dans les cas qui ont fait surface ces derniers mois ».

Un appel à une action renforcée

Les parents ajoutent : « Nos enfants ont aujourd’hui entre 10 et 12 ans… Ils comprennent qu’il n’est pas normal d’avoir été en contact avec le sexe d’un adulte qui éjacule à l’âge de 5 ans ». Une mère déclare : « Ce qui nous a vraiment énervés, c’est de voir que ces affaires étaient toujours aussi mal traitées ».

Elisabeth Guthmann, du collectif SOS Périscolaire, note que « la parole des enfants n’est toujours pas prise en compte comme elle doit l’être ». Céline Astolfe, avocate de la Fondation pour l’Enfance, conclut en rappelant que « pas de mise en examen, 7 ans après le premier signalement. C’est illisible et incompréhensible par les familles ».

La mairie de Paris rappelle que « l’agent mis en cause a été suspendu par la Ville, sans délai ». Dans l’attente d’une décision de justice, « il figure toujours dans les effectifs de la Ville, sans affectation », précise la mairie.

Enfin, des mesures de lutte contre les violences faites aux enfants ont été mises en place, avec une attention particulière portée à l’accompagnement des familles. La mairie déclare : « Tout signalement entraînant une suspension d’agents fait l’objet d’une information rapide des représentants de parents élus ».



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