Des fientes doiseaux de mer, source de richesse pour lempire inca. El título no debe incluir





Le Guano et l’Empire Inca

Des archéologues de l’université de Sydney révèlent que l’empire inca a prospéré sur le guano. Cette ressource, protégée par des règles strictes pour préserver les colonies d’oiseaux, révèle aujourd’hui une étonnante leçon d’écologie et de durabilité.

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Des ouvriers transportant des sacs de guano sur l'île Santa, au nord du Pérou. Toujours récolté dans des conditions difficiles, ce guano, accumulé pendant des décennies, ne profite aujourd'hui qu'aux petits agriculteurs. (ERNESTO BENAVIDES / AFP)
Des ouvriers transportant des sacs de guano sur l’île Santa, au nord du Pérou. Toujours récolté dans des conditions difficiles, ce guano, accumulé pendant des décennies, ne profite aujourd’hui qu’aux petits agriculteurs.
(ERNESTO BENAVIDES / AFP)

La Richesse de l’Empire Inca

Les Européens se sont longtemps demandé ce qui avait fait la richesse de l’empire inca. Cette civilisation qui ne maîtrisait même pas la roue, a bâti sur les côtes désertiques des Andes une économie riche et prospère. Hélas, comme leur culture a été détruite par les conquistadors, il a longtemps été impossible de savoir d’où venait leur richesse. Ce n’est qu’en 1800 que le biologiste allemand Humboldt a compris qu’elle venait de la mer, et plus précisément des oiseaux.

Le Guano : Une Ressource Précieuse

Une mouette qui fait une fiente sur votre parasol n’est jamais la bienvenue, mais imaginez des millions d’oiseaux de mer qui font tous des fientes au même endroit, et voilà la fortune d’un empire. Le guano, la matière formée par l’amoncellement des fientes, contient assez de nitrate et de phosphore pour faire pousser du maïs en plein désert.

La Découverte des Chercheurs

En analysant les traces des civilisations de la région, des chercheurs de l’université de Sydney ont démontré, début mars, que ce guano nourrissait déjà tout un peuple prospère sur la côte des Andes, il y a 800 ans, avant même l’avènement des Incas. Cette civilisation oubliée était appelée le royaume de Chincha.

Ce n’était pas seulement la ressource, le guano, qui a fait la prospérité de cette civilisation puis celle des Incas, mais surtout son usage durable. Il ne suffisait pas de savoir utiliser le guano, l’important était de le préserver, en favorisant la présence des oiseaux.

Une Approche Durable

Ces fientes mettent des millénaires à s’accumuler et, pour les obtenir, il faut des populations d’oiseaux marins en bonne santé, sur autant de temps. L’étude des objets d’art montre que, chez les Chinchas, de nombreuses lois et tabous protégeaient les oiseaux de mer, pour s’assurer de la durabilité de l’exploitation du guano. Ils avaient tout à fait compris le cycle liant poissons, oiseaux et maïs – donc humains.

Les Conséquences de l’Industrialisation

Malheureusement, à l’ère industrielle, les Européens se sont approprié tout le guano, décimant les grandes colonies d’oiseaux du Pérou. On a donc oublié cette histoire. L’archéologie nous la rappelle, comme une vraie fable écologique.



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