Arrêtés mardi près de la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais) avec une arme, des produits chimiques pouvant servir à la confection d’explosifs et un drapeau de Daesh, les deux jeunes hommes de 20 ans et 22 ans ont reconnu en garde à vue « nourrir depuis quelques semaines » un projet d’attaque violente.
Publié le 15/03/2026 à 19:41 | Mis à jour le 15/03/2026 à 20:45
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Contexte des Arrestations
Faute de pouvoir partir en Syrie ou en Palestine, ils ont déclaré « aspirer au martyr » en France. Deux frères soupçonnés d’avoir nourri un projet « mortifère et antisémite » ont été présentés, dimanche 15 mars, à un juge antiterroriste. Ils ont été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et détention d’arme de catégorie B en relation avec une entreprise terroriste.
L’aîné, Elyasse H., âgé de 22 ans, est étudiant en école d’ingénieur. Le cadet, Moad H., 20 ans, est sans emploi. Tous deux sont de nationalités italienne et marocaine. Ils ont été arrêtés mardi à l’aube dans une voiture stationnée près de la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais), a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat) dans un communiqué.
Matériel Saisi et Découvertes
Dans leur véhicule, les policiers du commissariat de Saint-Omer (Pas-de-Calais), ont découvert une arme semi-automatique chargée de munitions de 9 mm, une bouteille d’acide chlorhydrique et de l’aluminium – des produits pouvant servir à la confection d’engins explosifs – ainsi qu’un drapeau de l’organisation jihadiste État islamique (EI).
Le Pnat s’est saisi de l’affaire, découvrant ensuite que ces deux frères, arrivés en France avec leurs parents en 2017 après plusieurs années passées en Italie, avaient consulté depuis plusieurs mois une « abondante propagande jihadiste ».
Reconnaissance et Planification Terroriste
En garde à vue, les deux frères ont reconnu « nourrir depuis quelques semaines, face au constat de l’impossibilité de partir mener le jihad au Sham (en Syrie, NDLR) ou en Palestine, un projet terroriste en France pour lequel ils aspiraient au martyr », a précisé le Pnat. « L’exploitation des supports numériques saisis ainsi que les déclarations de leur entourage familial traduisent une radicalisation des deux frères depuis deux ans », a poursuivi le parquet.
Quelques jours avant leur interpellation, « leur engagement jihadiste et (les) démarches entreprises dans un projet terroriste dont le caractère mortifère et antisémite apparaît établi » ont connu « une nette intensification », a souligné le ministère public. Au point de laisser « présager de l’imminence d’un passage à l’acte violent », après « des échanges avec différents interlocuteurs sur des messageries cryptées dans les jours et semaines précédant leurs interpellations, visant notamment à la recherche d’armes de poing ou de fusils d’assaut », a détaillé le Pnat.
Saisies et Démarches Judiciaires
Lors de la perquisition au domicile des deux frères, les policiers ont retrouvé plus de 7 000 euros en espèces. Avant d’être placée en garde à vue, leur mère a tenté de cacher une arme de 8 mm et un ensemble de munitions (30 munitions de calibre 9 mm et 50 cartouches), selon le parquet. Cette mesure a été levée samedi, même si l’enquête se poursuit pour soustraction de l’objet d’un crime.
Ces éléments ont conduit à l’ouverture dimanche d’une information judiciaire pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, ainsi que pour acquisition et port d’arme. Le parquet a demandé la mise en examen d’Elyasse et Moad H. ainsi que leur placement en détention provisoire.