Pourquoi Tadej Pogacar peine-t-il à triompher à Milan. El título no debe incluir ningún código






Analyse de Milan-San Remo 2026

Avec Paris-Roubaix, la « Classicissima », qui se dispute samedi, est l’une des deux dernières grandes courses que le champion du monde Tadej Pogacar n’a pas encore réussies à remporter. Publiée le 21 mars 2026 à 06:00, cette analyse s’intéresse à la situation de Pogacar avant le grand jour.

Tadej Pogacar au départ des Strade Bianche, le 7 mars 2026.
Tadej Pogacar au départ des Strade Bianche, le 7 mars 2026. (MARCO BERTORELLO / AFP)

Des courses où Tadej Pogacar s’aligne et dont l’issue est incertaine, il n’en reste plus beaucoup dans le calendrier. Deux, à vrai dire : Paris-Roubaix et Milan-San Remo, les deux derniers Monuments que le Slovène lorgne toujours avec envie mais sur lesquels il n’a toujours pas fait main basse. Milan-San Remo, premier grand moment de la saison cycliste, qui se déroule le 21 mars, est la course de l’année la plus facile à courir et la plus difficile à gagner.

Cette longue procession de 298 kilomètres traverse le passo del Turchino avant un final exaltant. Les capi, ces monts liguriens avec une vue sur la mer, semblent peu appréciés par les coureurs en raison de l’intensité de la course. Le capo Berta, la Cipressa et enfin le Poggio : ces trois dernières ascensions sont à franchir et créent une équation pour l’instant insoluble pour Tadej Pogacar et son équipe. Le Slovène a constamment progressé depuis sa 12ème place lors de sa première tentative en 2020, mais en cinq éditions, il plafonne à la troisième place. Une anomalie pour le prodige du XXIe siècle, peu habitué à être frustré aussi longtemps.

Cela s’explique par deux raisons qui, juxtaposées, empêchent Pogacar de décrocher la victoire : le tracé et la présence de Mathieu van der Poel. En premier lieu, le parcours unique de la « Primavera » lui cause, année après année, des maux de tête. S’il attaque dans la courte ascension finale, le Poggio, il risque d’embarquer sur son porte-bagages les sprinteurs, qui le battront ensuite au sprint sur la via Roma. Il a donc choisi d’attaquer de plus loin, dans la Cipressa, située à 21 kilomètres de l’arrivée, mais son attaque est moins marquante, permettant ainsi aux puncheurs comme Mathieu van der Poel de s’accrocher et de le battre au sprint.

Le profil de Milan-San Remo 2026.
Le profil de Milan-San Remo 2026. (Milano San Remo)

Comment alors se débarrasser de ce sparadrap néerlandais et partir seul, comme Pogacar aime le faire ? Frapper plus tôt, plus tard, ou au même endroit, mais plus fort ? Selon notre consultant Lilian Calmejane, « Il sait que la différence, il doit la faire dans la Cipressa. Il n’a qu’une seule option, c’est que Mathieu van der Poel soit dans une mauvaise journée ce jour-là et/ou que la Cipressa se déroule exactement comme prévu.« 

Cette nécessité de perfection souligne la difficulté de la tâche. Matteo Trentin, trois fois dans le top 10 de l’épreuve, ajoute : « Il faut vraiment que tout se passe parfaitement pour lui. L’an dernier, il a monté la Cipressa en moins de neuf minutes, ce qui est tout simplement incroyable. Cependant, ils étaient encore trois au sommet. Pour aller encore plus vite, tout doit s’enchaîner parfaitement dès les premiers mètres.« 

« Je préfère gagner Milan-San Remo qu’avoir le record de six Tours de France. »

Tadej Pogacar, à G Magazine, le 20 mars.

Sûre de sa force, la formation émiratie n’a pas pour habitude d’élaborer des stratégies de course très cachées, et le coup de vis dans la Cipressa de l’an passé devrait se reproduire. Fabio Baldato, un de ses directeurs sportifs, s’est exprimé le 16 mars : « La montée est assez courte (5,6 km à 4,1 %, dont un passage à 9 %) et la vitesse est extrêmement élevée. Il faut rouler à plus de 35 km/h environ. Les jambes sont encore relativement fraîches car il n’y a pas beaucoup de montées avant, mais c’est faisable.« 

Sans Tim Wellens et Jhonatan Narvaez, qui furent les derniers à l’accompagner l’année précédente, mais avec un Isaac del Toro bien plus fort, des ajustements dans le plan stratégique sont-ils possibles ? « Pour moi, là où Pogacar va changer son fusil d’épaule, c’est qu’il va sacrifier un ou deux coureurs avant. Ils vont vraiment monter d’un cran l’intensité pour créer un peu de lactique avant de tout lâcher dans la Cipressa.« 

Démanteler le peloton sera l’enjeu ultime de samedi. Si le Néerlandais s’accroche, la situation se compliquera à nouveau. L’an dernier, il s’était même permis de prendre un bidon lors de l’attaque de Pogacar, qu’il avait rattrapé tranquille.

« Si je suis, ne serait-ce que 1 % en dessous de mon niveau, Tadej partira dans la Cipressa. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne gagne cette course. »

Mathieu van der Poel, à Sporza.

Cette année, il semble même être encore plus fort qu’en 2025, avec déjà trois victoires à son actif. « Quand je vois Mathieu courir, ça va être très dur pour Pogacar.« 

Malgré cela, la marge entre les deux coureurs reste fine. Lilian Calmejane conclut : « Pogacar n’a pas perdu dans un sprint à deux avec van der Poel. Après 300 kilomètres, le timing du sprint à San Remo est hyper serré. Pogacar n’est pas un manche au sprint, il peut gagner, mais ses chances sont plus faibles.« 



FONTE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *