Carburants : Les distributeurs exigent le retrait du projet gouvernemental encadrant leurs marges.






Réactions des Distributeurs au Projet de Décret Gouvernemental

Face à un projet de décret jugé « injuste, inapplicable et illégal » par plusieurs grandes enseignes de distribution, Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Coopérative U proposent de suspendre la collecte des Certificats d’économies d’énergie (CEE) afin de se concentrer sur les marges des raffineurs.

« C’est une très mauvaise idée. » Comme l’a exprimé Dominique Schelcher, le PDG de Coopérative U, les dirigeants des principales chaînes de distribution s’opposent fermement au projet de décret du gouvernement, qui vise à encadrer leurs marges sur les prix des carburants. Ils ont même adressé une lettre au Premier ministre demandant solennellement le « retrait » de ce texte qu’ils qualifient de « techniquement défaillant, économiquement déséquilibré et juridiquement fragile ».

Les distributeurs se défendent en affirmant que « nos marges sur les carburants sont de 1 à 2 centimes par litre, elles couvrent à peine les coûts d’exploitation ». Le projet gouvernemental a pour but d’« éviter des effets d’aubaine », selon la fiche de présentation du décret, qui doit être soumis à l’avis du Conseil national de la consommation et du Conseil d’État.

Sur France Inter, Dominique Schelcher a martelé : « Nous avons une marge symbolique de 1, 2 ou 3 centimes par litre », mettant en lumière la pression concurrentielle dans le secteur. « Il n’y a aucun effet d’aubaine, » a confirmé Thierry Cotillard, président des Mousquetaires (Intermarché), ajoutant que les marges actuelles sont bien inférieures à celles d’avant la guerre, et que certaines enseignes atteignent même des marges nulles.

Vente à perte

La situation des finances publiques interdit toute aide généralisée sur les carburants, et le gouvernement cherche des solutions pour protéger le pouvoir d’achat des automobilistes. Le projet de décret prévoit que le prix de vente autorisé soit fixé en fonction du prix de référence quotidien de l’essence ou du gazole, calculé sur la moyenne lissée des cinq derniers jours sur le marché de Rotterdam.

Les distributeurs soulignent des « défauts techniques » rendant le texte « inapplicable ». En effet, le prix glissant sur cinq jours pourrait déconnecter « le prix de référence réglementaire du coût réel du carburant en cuve », les contraignant à « vendre à perte », ce qui constituerait une « atteinte disproportionnée » à leur « liberté d’entreprendre ». « Nous répercutons aussi vite les baisses que les hausses », a assuré Dominique Schelcher.

Suspension des CEE

En lieu et place de ce décret controversé, les distributeurs proposent de suspendre « temporairement » la collecte des Certificats d’économies d’énergie (CEE), qui représentent « 15 à 20 centimes par litre » sur le prix du carburant. Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a souligné lors du 20 Heures de France 2 que cette suspension ne coûterait rien à l’État. Certes, ce dispositif finance la transition écologique, mais « il faut faire un choix, que cette manne-là soit utilisée à court terme pour soulager les Français », a plaidé Thierry Cotillard.

Les distributeurs notent que « ce sont les raffineurs-distributeurs qui ont capté des marges brutes considérables depuis le début du conflit en Iran », alors même que le décret ne leur impose strictement rien. Dominique Schelcher a exprimé son agacement quant à la situation : « Le ministre de l’Économie lui-même a demandé une enquête à Bruxelles contre les marges des raffineurs ! » Il a également souligné qu’il serait Injuste de bloquer les marges des pompistes sans agir sur celles des raffineurs. La décision d’encadrer les marges des distributeurs de carburant « n’est pas tranchée », a tempéré Matignon.



SOURCE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *