Le premier ministre a récemment annoncé la mise en place d’un « dispositif d’accompagnement » destiné à environ trois millions de « grands rouleurs » impactés par l’augmentation des prix à la pompe.
Ces annonces, très attendues, ont été faites à l’issue d’une réunion ministérielle consacrée à la crise énergétique causée par le conflit au Moyen-Orient. Sébastien Lecornu a, ce mardi, dévoilé un nouveau paquet de mesures de soutien face à la flambée des prix des carburants. À l’aide apportée aux pêcheurs, agriculteurs et transporteurs, particulièrement touchés sur le plan financier, s’ajoutent désormais les acteurs de la construction, les taxis et les travailleurs modestes appelés « grands rouleurs », a précisé le premier ministre depuis Matignon.
Pour les pêcheurs, qui bénéficient actuellement d’une aide gouvernementale de 0,20 € par litre, celle-ci sera augmentée à « entre 0,30 € et 0,35 € par litre » en mai, a promis Sébastien Lecornu. Les agriculteurs, pour lesquels une première enveloppe de 20 millions d’euros avait été débloquée en avril, ne sont pas laissés pour compte : « Nous allons aller beaucoup plus loin à partir du mois de mai », a affirmé le premier ministre, annonçant une aide de 0,15 € par litre de GNR pour le même mois. Concernant les transporteurs routiers, l’aide de 0,20 € par litre qu’ils perçoivent déjà en avril sera aussi prolongée en mai. Une « négociation spécifique » sera par ailleurs engagée pour les taxis et VTC, qui sont « particulièrement impactés » par l’envolée des prix à la pompe.
Un « dispositif d’accompagnement » pour les « grands rouleurs »
Le gouvernement a décidé d’élargir son champ d’action pour venir en aide aux acteurs du BTP. « On a des entreprises, des PME de moins de 20 salariés qui sont particulièrement exposées à la hausse des prix du carburant », a souligné Sébastien Lecornu. Les ministères concernés entreront en discussion avec les acteurs de la filière pour débloquer une aide d’environ « 0,20 € par litre », a-t-il promis.
Quant aux « grands rouleurs », comme les aides-soignants ou ceux qui accompagnent à domicile, près de trois millions d’entre eux pourront bénéficier d’un coup de pouce gouvernemental : une aide de 0,20 € par litre « en moyenne » sera mise en place en mai. Les ministres impliqués détailleront l’ensemble de ces dispositifs « dans les jours qui viennent », a indiqué Sébastien Lecornu.
Une solution « sur mesure »
Cependant, le premier ministre a précisé qu’il ne sera pas question d’aggraver le déficit public. « L’ensemble de ces mesures sera gagé sur d’autres dépenses », a-t-il précisé, défendant une solution « sur mesure » visant à « soutenir la croissance ». « Nous refusons toute forme de logique de chèques généraux ou de baisses massives de taxes », a affirmé le chef du gouvernement, évoquant les effets « épouvantables pour les finances publiques » que cela pourrait engendrer. L’objectif, selon Sébastien Lecornu, est de « s’adapter au jour le jour à l’évolution de la situation ». Il a cependant admis : « Malheureusement, l’évolution des événements m’invite à être prudent ».
Fin mars, le gouvernement avait déjà annoncé un plan d’aides de près de 70 millions d’euros, ciblant les professionnels les plus affectés par la hausse des prix à la pompe, limité au mois d’avril. De plus, 20 millions d’euros supplémentaires avaient été annoncés début avril pour prendre en charge les cotisations sociales des agriculteurs en difficulté. Par ailleurs, 60 millions d’euros avaient été débloqués pour renforcer le chèque énergie des particuliers.
Flambée des prix à la pompe
S’agissant du transport routier, les premières aides gouvernementales, estimées à 50 millions d’euros, sont entrées en vigueur ce dimanche, selon un décret publié au Journal officiel. Les entreprises du secteur pourront recevoir des aides variant de 250 € par autocar à 70 € pour une ambulance ou un véhicule de moins de dix passagers. Pour les marchandises, les aides varieront de 100 € à 500 € en fonction de la taille du camion.
Depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran, les prix des carburants ont fortement augmenté, affichant presque 0,60 € de plus pour le gazole et plus de 0,30 € pour l’essence SP95-E10. En moyenne, la semaine dernière, le litre de gazole coûtait 2,2441 €, selon les relevés des services de l’État, tandis que celui du SP95-E10 se vendait à 1,9777 €.
L’impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie française a été estimé par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, entre 4 et 6 milliards d’euros, lors d’une intervention ce matin au micro de RTL. Face à la crise énergétique, le gouvernement a donc dû revoir à la baisse sa prévision de croissance, à 0,9 % d’ici 2026 (contre 1 % prévu précédemment), de même que sa prévision d’inflation, désormais à 1,9 % (contre 1,3 % auparavant).