Par Le Figaro avec AFP
Le gouvernement annoncera dès la semaine prochaine de nouvelles mesures pour faire face à la hausse des prix des carburants. Objectif : renforcer les aides existantes et mieux soutenir l’économie, dans un contexte de tensions au Moyen-Orient.
Le gouvernement s’exprimera « en début de semaine prochaine » pour « changer d’échelle » et « adapter » ses dispositifs de soutien à l’activité économique, face à la flambée des prix des carburants qui se prolonge, a annoncé mardi Sébastien Lecornu.
« On peut tenir ce cap » des aides ciblées « mais désormais (…), il va falloir changer d’ampleur et d’échelle ». « Et donc le gouvernement sera amené à reprendre la parole (…) en début de semaine prochaine pour adapter l’ensemble des dispositifs au soutien à l’activité et à l’économie », a affirmé le Premier ministre devant l’Assemblée nationale, en réponse à une question du chef de file du groupe MoDem Marc Fesneau.
Des aides financières et un suivi régulier
Sébastien Lecornu a reconnu que la situation sur les carburants était « particulièrement difficile et grave » du fait de la guerre au Moyen-Orient, où « nous (ne) sommes pas loin d’un risque de reprise des combats ». Il a également mentionné que le gouvernement effectuerait un point « tous les dix jours » sur les surplus fiscaux générés par la hausse des prix des carburants, qui financeront « intégralement » les aides aux secteurs les plus touchés.
Du côté des distributeurs, il a admis « qu’on peut avoir un débat sur la redistribution des richesses de TotalEnergies sans tomber dans un Total-bashing ». Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a déclaré lundi que s’il fallait taxer les surprofits des groupes énergétiques, comme le demandent certains partis politiques, cette mesure devrait être ciblée et « temporaire ». Il a également estimé que la France devait « éviter la récession » jusqu’en 2028 inclus, malgré une croissance nulle au premier trimestre et une inflation passée de 1,1 % sur un an en février à 2,5 % en avril (en données harmonisées européennes).
Le gouvernement a déjà annoncé 380 millions d’euros d’aides, dont une indemnité de 50 euros destinée à trois millions de « travailleurs modestes grands rouleurs », avec une plateforme pour faire la demande qui sera ouverte le 27 mai. Il a accru son soutien aux pêcheurs et aux agriculteurs, et élargi ses aides à d’autres secteurs comme le bâtiment et les taxis et VTC. « Si on veut soutenir la croissance, si on veut soutenir le pouvoir d’achat, si on veut faire en sorte de ne pas gaspiller l’argent du contribuable n’importe comment, en promettant des baisses de taxes complètement illusoires aujourd’hui pour mieux voter des augmentations d’impôts à l’automne, il faut tenir ce cap qui est le soutien à l’activité », a insisté Sébastien Lecornu.