Disparition dEdgar Morin à 104 ans : Emmanuel Macron le décrit comme un humaniste exemplaire.






Hommage à Edgar Morin

Penseur, sociologue et humaniste, Edgar Morin a quitté le monde qu’il a tant observé et qu’il aimait intensément samedi 30 mai, à l’âge de 104 ans. Résistance, politique, journalisme… Il ne s’était jamais enfermé, observant toujours la jeunesse. Docteur honoris causa dans 36 universités du monde, il laisse un héritage immense.

Un esprit malicieux et une pensée complexe

Son œil malicieux, son sourire et sa pensée complexes auront traversé le siècle. Edgar Morin est né Nahoum en 1921. Ce patronyme, c’est son nom de guerre, et il ne l’a pas vraiment choisi, même s’il l’a conservé pour l’éternité. « Je dis à la camarade qui vient me chercher : ‘À partir de maintenant, je m’appelle Manin,’ et quand elle me présente aux autres camarades, elle dit : ‘Je vous présente le camarade Morin.’ J’ai accepté cette erreur et je suis devenu Morin au lieu de Manin », racontait-il dans « La Grande Librairie » en 2024.

Un engagé de la Résistance

Communiste engagé dans la Résistance, il est issu d’une famille de confession juive, originaire de Salonique. « Je ne souffrais pas d’un manque d’amour. J’étais couvert, materné par mon père, parce que ma mère était morte quand j’avais dix ans », glissait-il à Bernard Pivot en 1989. Sociologue, philosophe, historien, cette machine à penser aimait se définir comme chercheur. « Je ne dirais pas que je recherche la vérité parce qu’une chose qui m’a beaucoup frappé, c’est une phrase de Carlos Suarez qui dit : ‘Cherche l’erreur et non pas la vérité’« , disait-il.

Un esprit curieux et multidisciplinaire

Dans la matinée du samedi 30 mai, ses proches saluent cet état d’esprit à nul autre pareil. « Pour moi, c’est un exemple d’ouverture au monde, de curiosité, mais aussi d’ouverture à la pensée des autres, même si ce n’était pas la sienne. Il voulait faire dialoguer toutes les disciplines, la fameuse multidisciplinarité », souligne le journaliste et écrivain Éric Fottorino.

Toujours à l’affût de son temps, il se passionne pour tous les sujets, des plus nobles aux plus ordinaires. C’est d’ailleurs lui qui invente le terme yé-yé pour la jeunesse des années 60. « Elle a créé ses propres codes. Elle a ses lieux, qui sont les rassemblements de rock, etc. Puis j’avais pas mal d’éléments sur les États-Unis. Donc je fais une série de deux ou trois articles dont l’un s’appelle le yé-yé, parce qu’évidemment, ils disaient : y’a, y’a », expliquait-il alors.

Un combat pour la démocratie

Le cœur ancré à gauche, présent jusqu’au bout dans les médias, Edgar Morin a embrassé nombre de combats, de la Guerre d’Algérie à la défense des démocraties, en passant par l’urgence climatique. Pour le président Emmanuel Macron, Edgar Morin était « l’humanisme fait personne. Avec sa bienveillance, sa curiosité, il ne cessait de nous éclairer. »

Mort à 104 ans, le vieux sage inspiré aura jusqu’au bout tenté de résister.



FONTE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *