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Enquête sur les braquages sur autoroute
L’enquête du 20h revient sur les aires d’autoroutes qui deviennent des lieux de braquages. Les vols de camions se multiplient, les malfaiteurs braquent la nuit les cargaisons de poids lourds. Nos équipes ont pu suivre une patrouille de gendarmes qui traquent ces voleurs.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Au creux de la nuit, à l’heure où les routiers sont profondément endormis, à la lueur d’une torche, les gendarmes inspectent les camions.
« On est dans une partie qui est quand même peu éclairée et il serait très facile pour les voleurs de se cacher sous une remorque », indique le capitaine Romain Houliez de la gendarmerie du Doubs.
Depuis le début de l’année, des individus pillent les camions sur les aires de l’A36. Plus de 30 chargements dérobés. Pas une semaine sans que les voleurs ne se servent et ne laissent derrière eux des traces de leur passage. Certaines bâches sont couvertes d’entailles appelées virgules. Soudain, les officiers repèrent un homme sous un camion. À cette heure, le moindre mouvement paraît suspect, car les vols sont rapides.
Équipés de fourgons, les malfaiteurs n’hésitent pas à ouvrir grand les remorques pour se servir, charger les marchandises dans leurs véhicules, parfois même à la vue de tous. Lors d’un autre vol, il leur a suffi de soulever la bâche. En quelques minutes seulement, les camions sont vidés, comme en Eure-et-Loir, il y a quelques mois. 115.000 euros de sacs de luxe pillés dans ce semi-remorque. La marchandise est retrouvée quelques heures plus tard dans un hangar où dormaient les voleurs. Cinq hommes recrutés par un réseau en région parisienne.
« Les malfaiteurs utilisent un même stratagème. On recrute des chauffeurs via une messagerie sécurisée et on les emploie pour commettre des vols. Donc on a des convois qui partent quasiment toutes les nuits » détaille la colonelle Delphine Scandella, commandant de la section de recherches d’Orléans.
Les chauffeurs redoutent la visite de voleurs. Un conducteur alsacien l’a subi il y a seulement quelques mois.
« Ils ont vu que c’était des palettes filmées avec de bonnes garanties. Ils ont dû se dire qu’ils étaient sur de l’iPhone. Manque de pot, c’était des livres pour enfants », témoigne le conducteur.
Depuis, chaque matin, il inspecte son véhicule et chaque soir, il choisit bien l’endroit où il va dormir.
Certaines sociétés de transport choisissent aujourd’hui de payer pour des parkings sécurisés. Double barrière à l’entrée. Code obligatoire. Pour 20 euros la nuit, les camions sont filmés en permanence. Et pour éviter d’être braqués au moment de dormir, les chauffeurs ont des techniques pour verrouiller la cabine avec leur ceinture ou même avec une sangle.
La Fédération des transports recommande aussi l’installation de caméras de surveillance sur les camions pour dissuader les voleurs.
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