Coupe du monde : quelle stratégie adopter pour optimiser limpact dOusmane Dembélé en équipe






Analyse de la performance d’Ousmane Dembélé avec les Bleus

Depuis ses débuts internationaux en 2017, l’attaquant parisien Ousmane Dembélé n’a jamais réussi à jouer les premiers rôles avec les Bleus. Son récent Ballon d’or n’y a rien changé. Publié le , cet article se penche sur les statistiques et les performances de Dembélé en sélection nationale.


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Ousmane Dembélé avec l'équipe de France contre le Sénégal en Coupe du monde, le 16 juin 2026, à New York. (SIPA)
Ousmane Dembélé avec l’équipe de France contre le Sénégal en Coupe du monde, le 16 juin 2026, à New York. (SIPA)

Seulement sept buts en 60 sélections. C’est autant que Michael Olise en 18 rencontres avec les Bleus. Le rendement offensif d’Ousmane Dembélé en sélection interroge, alors que l’attaquant tricolore n’a marqué aucun but en 19 matchs de Coupe du monde et d’Euro cumulés. Une inefficacité d’autant plus flagrante lorsque placée en miroir de ses deux saisons flamboyantes au PSG, couronnées par un Ballon d’or.

Face au Sénégal (3-1), il a été le seul des quatre offensifs à ne pas avoir élevé son niveau en deuxième période. Son décalage sur l’aile droite pour laisser le cœur du jeu à Michael Olise a complètement changé la physionomie de la rencontre. Ousmane Dembélé a été le premier à être remplacé par un Bradley Barcola buteur seulement deux minutes après son entrée. Après neuf années en sélection, la question n’est plus de savoir s’il mérite sa place, mais comment mieux l’utiliser pour qu’il s’exprime enfin en Bleu.

Kylian Mbappé a défendu celui dont il est très proche, affirmant qu’Ousmane Dembélé a été le meilleur des quatre offensifs en première période. Selon le capitaine, sans lui, l’ouverture du score tricolore n’aurait pas existé : « La passe de Michael [Olise] existe parce qu’Ousmane attire [Moussa] Niakhaté et libère l’espace pour que je puisse m’y engouffrer. Ce sont des choses qui ne comptent pas sur la ligne de statistiques, mais c’est tout aussi important. »

« Il y a des réflexes qui sont liés à sa manière de jouer en club où il n’a personne devant lui ou plus haut que lui. Ce sont des ajustements à trouver. Les repères ne sont pas naturels. »

Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus

en conférence de presse, dimanche

« Cela ne devrait pas être une grande préoccupation. Si on regarde les joueurs qu’on a devant… On ne va pas s’inquiéter. Chacun est très polyvalent et peut performer à beaucoup de postes. » avait déjà déclaré Malo Gusto jeudi. Une position soutenue également par Philippe Montanier, l’entraîneur qui a lancé Ousmane Dembélé chez les professionnels à Rennes en 2015. « C’est un tort de vouloir à tout prix une organisation et de mettre les quatre offensifs dans des cases, à des postes spécifiques. »

« Sa grande force, comme Antoine Griezmann, c’est qu’il peut être performant aux quatre postes de l’attaque : en pointe, en 10, sur les côtés. En fonction de l’adversaire, de l’état de forme du moment, ils peuvent permuter. C’est bien de vouloir tout prévoir et c’est le propre des plans de jeu, mais c’est la capacité d’adaptation aux circonstances qui fera la différence, comme ça a été le cas contre le Sénégal. »

Néanmoins, Ousmane Dembélé n’a pas l’impact qu’il a sous les couleurs du PSG avec la sélection. En club, il inscrit un but toutes les 103 minutes sur les deux dernières saisons (55 buts en 5.688 minutes). En revanche, en équipe nationale, le ratio est d’une réalisation toutes les 388 minutes (2 buts en 776 minutes), ce qui est légèrement mieux que sa moyenne avant l’été 2024 (1 but toutes les 454 minutes).

Pour certains, placer Ousmane Dembélé dans des conditions plus proches de celles de son utilisation par Luis Enrique résoudrait le problème. Lucas Hernandez a déclaré : « C’est vrai qu’ici, en sélection, peut-être qu’il n’a pas toute cette libre mobilité. C’est à lui de trouver les meilleures solutions pour prouver sur le terrain qu’il est le meilleur joueur du monde. » D’autres, cependant, considèrent que ce raisonnement est un piège analytique. Philippe Montanier tranche : « Ce n’est pas judicieux de transposer la logique parisienne en équipe de France. »

Les données de l’équation ne sont pas les mêmes. « Vous travaillez toute l’année avec votre club, ce qui n’est pas le cas en équipe de France. L’équipe nationale, c’est complètement différent. Ce ne sont pas du tout les mêmes joueurs autour. Ce n’est pas le même jeu, pas les mêmes affinités. » Cela a également été souligné par celui qui a entraîné Antoine Griezmann lorsqu’il était à la Real Sociedad.

Il reste néanmoins urgent de résoudre cette équation. La concurrence est forte dans cette équipe de France particulièrement bien dotée dans le secteur offensif. Ousmane Dembélé doit effacer la plus grande anomalie de sa carrière : depuis l’Euro 1984, il est l’attaquant français cumulant le plus de minutes (1.078) sans marquer le moindre but en tournoi majeur (Coupe du monde + Euro). Contre l’Irak, il est attendu comme titulaire sur le côté droit. Face à la 60e nation au classement FIFA, battue de trois buts par la Norvège lors de son premier match (1-4), il a une belle occasion d’envoyer un message.



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