Dans leurs rapports, Human Rights Watch et Amnesty International dénoncent une attaque qui a visé des civils, tandis que The Legal Agenda évoque « des violations graves du droit international humanitaire ».
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Trois organisations de défense des droits humains ont publié des enquêtes distinctes, jeudi 6 août, dans lesquelles elles qualifient de « crime de guerre » une attaque israélienne dans le sud du Liban, qui a coûté la vie à la journaliste Amal Khalil en avril. Cette correspondante chevronnée de 42 ans, qui travaillait pour le quotidien Al-Akhbar, a été tuée. La caméraman indépendante avec qui elle se trouvait, Zeinab Faraj, a été blessée dans l’attaque survenue à Tiri, commune du Sud-Liban.
Les deux femmes s’étaient réfugiées dans un bâtiment après qu’une frappe israélienne avait visé une voiture qui les précédait. Mais le bâtiment a été pris pour cible. Seule Zeinab Faraj avait pu être secourue, les autorités libanaises accusant l’armée israélienne d’avoir entravé les opérations de sauvetage visant à sauver Amal Khalil alors qu’elle était encore en vie.
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Sur son site, Human Rights Watch parle « d’attaques manifestement délibérées contre des civils (…), ce qui constitue un crime de guerre ». Dans son rapport, Amnesty International emploie les mêmes termes et appelle à diligenter une « enquête ». Les deux ONG affirment que « l’armée israélienne savait ou aurait dû savoir » que deux femmes civiles s’étaient abritées dans le bâtiment visé, pointant l’utilisation de drones survolant la zone à basse altitude. L’enquête menée par l’organisation libanaise The Legal Agenda a également conclu à « des crimes de guerre et des violations graves du droit international humanitaire ».
L’armée israélienne avait déclaré avoir frappé un véhicule « qui venait de quitter une installation militaire utilisée par le Hezbollah », mouvement pro-iranien, et par la suite un bâtiment. Elle avait démenti avoir empêché les équipes de secours d’accéder à la zone. Dans une réponse au rapport d’Amnesty International, elle a précisé que « l’incident avait fait l’objet d’un examen préliminaire et que les enseignements » avaient été tirés, « regrettant tout préjudice causé aux journalistes ». Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), « 15 journalistes et professionnels des médias ont été tués par Israël » au Liban depuis octobre 2023.