Le nouveau film du réalisateur Xavier Giannoli, avec Jean Dujardin, sort en salles mercredi 18 mars.
« Les Rayons et les ombres » relate l’histoire vraie de Jean Luchaire, patron de presse collaborationniste,
et de sa fille Corinne, éphémère star de cinéma à la fin des années 1930.
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(GAUMONT DISTRIBUTION)
La première fois que Xavier Giannoli a présenté le projet à Jean Dujardin,
l’acteur a d’abord eu quelques doutes.
« Pour tout vous dire, je ne savais pas si je pouvais rentrer dans ce personnage,
confie le comédien. J’imaginais que ce n’était pas forcément le meilleur choix. En fait,
on se fout une pression et on se dit, ‘est-ce que tu es bien sûr de me vouloir sur ce projet-là ?
Est-ce que tu crois que j’y arriverai ? »
Dans le film comme dans la réalité, Jean Luchaire a d’abord dialogué avec l’Allemagne pour la paix,
avant de basculer du mauvais côté de la morale – par opportunisme – à mesure que l’occupation de
la France se durcissait, ce qui peut faire de lui un personnage certes mauvais,
mais avec tout de même quelques ambiguïtés.
« Parce que cela dit sûrement une partie de nous aussi. Cette ambiguïté, je pense que je la
partage dans ma vie en général. Je ne me sens pas forcément dans la peau d’un collabo, mais
la complexité humaine, en tout cas, c’est ce qui m’a intéressé ».
L’acteur poursuit : « J’ai toujours voulu que les gens rentrent dans l’histoire. Le meilleur moyen
pour que les gens rentrent dans la séquence, c’est que je ne sois justement jamais caricatural,
jamais à charge ou à décharge, que je ne le condamne pas. Je ne vais pas surjouer la commande,
je ne vais pas surjouer ce que va raconter le metteur en scène. Donc j’ai juste à être tout le temps
un peu flottant en disant ‘qu’est-ce qu’il pense ? Où est-ce qu’il va ? Est-ce qu’il est bien conscient
qu’il est en train de jouer avec l’histoire ? Il pense la réécrire alors qu’en fait il est en train
de rentrer dans le chaos ».
L’un des moteurs de cette histoire est la relation très forte, pas loin d’être possessive,
entre Jean Luchaire et sa fille Corinne, qui devient de 1935 à 1940 une star de cinéma
aussi aimée que fugace.
« Il y a le père, il y a la vision du père. C’est quoi un père pour une fille ?
Il y a là le regard de sa fille sur le père. Il y a tous ces éléments-là qui font qu’à un moment
je construis un humain dans toute sa complexité ».
« C’est comme une tragédie antique : un père très ambitieux, une fille qui est dans une célébrité très soudaine.
Ça rend cette tragédie super intime. »Jean Dujardin
à franceinfo
« En fait, c’est une fresque intime ce film. Moi je suis père d’enfants, de filles.
On ne joue pas le père, on est un père », poursuit Jean Dujardin.
Le comédien de 53 ans dit d’ailleurs avoir été bluffé et même rendu meilleur
par la prestation de Nastya Golubeva dans le rôle de Corinne pour son premier grand rôle au
cinéma.
Jean Dujardin dans la peau d’un collaborationniste au cinéma.
Reportage de Matteu Maestracci
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