Les rayons et les ombres : la fresque intime de Xavier Giannoli sur la France collaborationniste.






Les Experts cinéma : deux films à l’affiche

Dans « Les Experts cinéma » cette semaine, Matteu Maestracci évoque les films
« Les rayons et les ombres » de Xavier Giannoli et « La danse des renards » de
Valéry Carnoy.

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Temps de lecture : 2 min


Jean Dujardin et Nastya Golubeva dans 'Les rayons et les ombres' de Xavier Giannoli. (GAUMONT DISTRIBUTION)
Jean Dujardin et Nastya Golubeva dans « Les rayons et les ombres » de Xavier Giannoli.
(GAUMONT DISTRIBUTION)

Un film historique percutant

Cinq ans après Illusions perdues (7 César dont celui du meilleur film et près d’un million d’entrées),
Xavier Giannoli – sans doute l’un des meilleurs réalisateurs français en activité –
s’attaque à un autre film d’époque, abordant un sujet bien plus risqué que chez Balzac :
la collaboration de certains Français avec l’occupant allemand après 1940.

L’histoire est vraie : Jean Luchaire, patron de presse parisien influent, et sa fille Corinne,
éphémère star de cinéma, vont s’arranger avec le Troisième Reich au point de perdre complètement pied
et de renoncer à leur morale. Pour ne pas proposer de personnages ou d’intrigue trop binaires ou
unidimensionnels, Giannoli les rend ambigus, posant la question suivante :
« Qu’auriez-vous fait, vous, spectateurs, qu’aurait-on fait, nous en tant que pays, à leur place ? »

Pour incarner Luchaire, un autre Jean : Dujardin, à la fois charismatique et dans la retenue.
Mais c’est Nastya Golubeva, fille du cinéaste Léos Carax, qui crève l’écran en Corinne.
Le film est très bien construit et solide, bien que sans doute trop long (3 h 15),
ce qui laisse un sentiment ambivalent.

FONTE

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