Entre 20.000 et 30.000 participants se sont réunis, selon les différentes estimations, de manière illégale sur un terrain militaire à Cornusse. Après une free party qui a duré cinq jours, le syndicat Coordination rurale a déposé plainte avec constitution de partie civile pour les dégâts causés par les participants dans les champs.
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L’heure est au rangement sur le terrain militaire de Cornusse où des milliers de « teufeurs » se sont réunis. L’état des lieux commence à peine, et le syndicat agricole estime des pertes qui peuvent atteindre des milliers d’euros. Les agriculteurs rencontrés par notre équipe ont hâte que cet épisode se termine.
Marco, agriculteur aux cernes marqués et à la barbe fournie, porte un petit pistolet à la ceinture. « C’est un pistolet à blanc, c’est ce qu’on utilise pour faire peur aux corbeaux dans les champs. Ce n’est pas illégal, c’est juste pour faire peur », décrit-il. « Depuis leur arrivée, on est tous en alerte, on se relaye les nuits pour surveiller les exploitations. Jusqu’au dernier, on sera en alerte et on veille les uns sur les autres, on s’appelle, on communique. »
Il élève 158 brebis et certaines de ses prairies ont été endommagées par la free party. « Les brebis sont en stress, j’ai perdu des agneaux suite à ça, parce qu’ils se coupent en lactation… J’ai perdu six agneaux et j’en ai retrouvés ouverts dans les fossés, sortis de la prairie. Donc ça a été fait par vandalisme », dénonce Marco.
Deux réalités s’opposent : celles des agriculteurs excédés et celles des teufeurs qui rassemblent des sacs-poubelle. « On s’est bien amusés, on a fait bien la fête. À un moment, c’est le moment de partir, » explique l’un d’eux. « Pendant qu’on peut, on ramasse ce qui traîne, histoire que ce soit à peu près propre. »
Les déchets ont été déposés dans de grands conteneurs, au nombre de quatre sur le site, de 40 m3 chacun. « En moyenne, c’est propre, oui. Il faut voir qu’il y a encore des sacs qui traînent, parce qu’il y a des gens qui ne sont pas partis. Mais quand les gens nous voient, ils amènent leurs déchets, » assure Jean-Pierre Vertalier, le président du syndicat intercommunal des ordures ménagères, Sictrem.
En revanche, dans les fossés et sur les terrains alentour, on retrouve de tout : des claquettes, des bouteilles en verre, des canettes. « Et ça, c’est le pire, » selon l’éleveur Christophe Petit.
« Si, quand on va faire du foin ou quand les vaches vont pâturer et s’il reste du verre, ça va aller directement dans la panse et on risque d’avoir de sérieux problèmes. »
Il décroche subitement son téléphone : « Encore ? ». Son épouse, au bout du fil, lui apprend qu’un mouton est parti avec son petit. « C’est une honte, » glisse-t-il, conscient que la free party n’est visiblement pas encore derrière lui.