Imported Article – 2026-05-15 13:24:20






Dior Croisière 2027 : Un Défilé qui Éblouit

Pour sa première collection croisière et son premier show Dior à l’étranger, le directeur artistique plante l’incroyable décor de son héroïne à la fois glam et arty, sous l’arche de béton des nouvelles galeries du LACMA. Hypnotique.

Un défilé de mode lambda, avec son décor, son casting, sa bande-son et bien sûr ses costumes, a beaucoup à voir avec un film de cinéma. Alors un défilé de mode à Los Angeles, dans la patrie du 7e Art, produit par Dior, le couturier des stars, c’est forcément digne d’une production à Oscars ! D’autant que ce mercredi 13 mai, la « Croisière » de la marque française s’est offert un décor exceptionnel : les galeries David Geffen du LACMA, une œuvre de béton signée de l’architecte Peter Zumthor, inaugurées il y a à peine un mois.

Sur le parvis du musée californien, patientant autour d’une coupe de champagne, il y a presque autant de célébrités au mètre carré que le même soir sur le tapis rouge de Cannes : les movie stars Al Pacino et Jeff Goldblum, les figures montantes Greta Lee et Mikey Madison, ou encore, les idoles de la pop culture, Sabrina Carpenter et Jisoo des Blackpink…

Anya Taylor-Joy est accompagnée de son mari la rock star Malcom McRae. Miley Cyrus en Canadian Tuxedo (total look en jean) et chevelure blonde, à la Hannah Montana, suit Lauren Hutton, magnifique comme toujours. L’ex-top modèle Miranda Kerr est venue avec son mari Evan Spiegel, le fondateur de Snapchat, qui prend place à côté de Xavier Niel, non loin de son épouse Delphine Arnault, la PDG de la maison Dior. Bernard et Hélène Arnault sont aussi venus assister au premier défilé à l’étranger de Jonathan Anderson, le directeur artistique de la maison depuis tout juste un an.

Il est 20h15 sur la côte ouest quand une voix résonne : « Dernière prise », « Silence sur le plateau ». Le show doit commencer. La lumière est parfaite à cette heure entre chien et loup. En arrière-plan, le ciel aux incroyables tonalités pastel sur lequel se découpe en clair-obscur la silhouette des longs palmiers des collines de Hollywood.

Dior Croisière 2027
Dior Croisière 2027
Daniele Oberrauch/Dior

Quatre Cadillac d’après-guerre rutilantes, des figurants en tailleurs rétro, quelques réverbères, une légère brume finissent d’installer la scène lorsque les notes de jazz, Murder de John Lee Hooker, retentissent. Le premier mannequin fait son entrée, une « femme fleur » de film noir, en robe mille-feuille de mousseline de soie jaune bouton d’or décorée de rosettes. Aux pieds, des escarpins noirs à petits nœuds. La chevelure à peine coiffée, seul un trait de paillettes souligne ses yeux.

Dès le premier look, Jonathan Anderson convoque la relation historique de la maison Dior avec Hollywood. Sur son siège, chaque invité a trouvé la note d’intention en forme de script. « Hollywood, 1949. Dans les bureaux de la Warner. Alfred Hitchcock et ses producteurs sont en pleines négociations avec Marlene Dietrich à propos de son rôle dans son prochain film Le Grand Alibi. Elle explique au réalisateur qu’elle doit porter du Dior pour incarner son personnage, la séductrice Charlotte Inwood, afin d’apparaître à l’écran véritablement glamour. Marlene Dietrich : No Dior, no Dietrich ! »

Au-delà de ce défilé, j’aimerais réfléchir à la manière dont une maison de mode peut travailler avec le cinéma, comme Christian Dior à son époque. »

Jonathan Anderson, directeur artistique de Dior

Une ligne de dialogue que le designer nord-irlandais a déjà reprise sur un tee-shirt de sa première collection homme pour Dior… et que portait, lors de la dernière Mostra de Venise, son ami le réalisateur, Luca Guadagnino, en conférence de presse. « Cette conversation houleuse à trois a failli empêcher le film de se faire parce que sans Dietrich, Hitchcock ne pouvait pas financer son projet », expliquait Jonathan Anderson, un peu plus tôt dans l’après-midi, sur le set du défilé où ses équipes s’affairaient aux derniers préparatifs.

« Au-delà de ce défilé, j’aimerais réfléchir à la manière dont une maison de mode peut travailler avec le cinéma, comme Christian Dior à son époque », poursuivait-il. « Dès le début des années 1950, Dior qui était très habile en affaires, a compris le potentiel de Hollywood et entrepris de travailler avec les studios. Il a rencontré les producteurs de Warner, de Paramount, et a fini par construire des relations solides avec ceux qui contrôlaient les stars. Si bien que les années 1950 furent ce moment extraordinaire pour la maison où Dior a habillé Ava Gardner, Marilyn Monroe, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Grace Kelly, et donc Marlene Dietrich. »

Dior Croisière 2027
Dior Croisière 2027
Daniele Oberrauch/Dior

De sa Dietrich version 2026, en veste Bar blanche et revers de velours noir passée sur un fourreau de satin noir orné de fleurs, se dégage le soufre d’Hollywood, plus Babylon que La La Land. « Je me suis inspiré de la véritable veste que Christian Dior avait créée pour l’actrice. Je rêvais de m’attaquer à cette silhouette. Mais nous ne l’avions jamais eue dans nos archives, avant cette année, car Azzedine Alaïa possédait l’original, le tout premier prototype. »

Un twist artistique qui donne aux robes de soirée leur modernité, leur fraîcheur, parfois leur étrangeté

Sur le podium, Anderson fait honneur au glam hollywoodien avec ses héroïnes à lunettes de strass et escarpins brodés à talons rétro, dont le vestiaire très habillé, très red carpet, évite les écueils de la naked dress, des traînes kilométriques et des corsets pigeonnants. Dans la lignée de sa remarquable haute couture présentée à Paris en janvier, leurs robes du soir à la beauté vénéneuse, ont surtout ce twist artistique, conceptuel qui leur donne toute leur modernité, leur fraîcheur, parfois leur étrangeté.

Sur leurs talons, l’homme Dior fait partie pour la première fois d’une collection croisière de la maison. Il porte un jean élimé rebrodé de fines chaînes de strass, une chemise en flanelle brodée de phrases d’Edward Ruscha, une couronne de plumes dessinant les mots « Dior », « Flow » ou « Buzz » créée par le modiste Philip Treacy. « Quand je suis arrivé à Londres, Philip était une personnalité immense de la mode anglaise, confie Anderson. J’ai toujours voulu travailler avec lui et cette fois-ci, je trouvais qu’il existait une belle connexion avec le travail d’Ed Ruscha et sa manière de jouer avec les mots. »

FONTE

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