Ségolène Royal appelle lundi sur franceinfo à arrêter « la stigmatisation » d’Alger et « de mettre de conditions » à un réchauffement diplomatique, alors que le ministre de la Justice est en visite en Algérie.
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(FRANCEINFO / RADIOFRANCE)
« Il était temps, beaucoup de temps a été perdu », déclare lundi 18 mai sur Franceinfo Ségolène Royal, présidente du conseil d’administration de l’association France-Algérie, alors que le ministre de la Justice Gérald Darmanin est en visite lundi à Alger. Les relations entre les deux rives de la Méditerranée semblent se réchauffer. La France et l’Algérie ont acté ce lundi une « reprise concrète » de leur « coopération judiciaire opérationnelle », après deux années d’interruption, indique notamment l’entourage du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, en déplacement à Alger.
Alors que le cas de Christophe Gleizes, journaliste français emprisonné en Algérie, est une priorité du gouvernement, Ségolène Royal remercie « le président Tebboune qui a accordé le rapprochement de Christophe Gleizes, qui était dans une prison très éloignée d’Alger », saluant un geste « très positif ». L’ex-candidate socialiste à la présidentielle met toutefois en garde contre toute récupération politique de la situation du journaliste : « Christophe Gleizes ne veut pas que son cas soit instrumentalisé politiquement », ajoutant que « à chaque fois que son cas est instrumentalisé politiquement (…) c’est contre son intérêt ».
Alors que les relations entre les deux capitales étaient devenues très conflictuelles, Ségolène Royal pointe les responsables : « Il ne faut pas en faire porter la seule responsabilité sur Bruno Retailleau [l’ancien ministre de l’Intérieur], parce que c’est tout le gouvernement, Gérald Darmanin lui-même et Emmanuel Macron lui-même. Ce sont eux qui ont voulu faire une sorte de rapport de force. »
Appelant à apaiser les relations franco-algériennes, elle demande d’arrêter « la stigmatisation » d’Alger et « de mettre de conditions » à un réchauffement diplomatique. Selon elle, « il faut substituer à cette brutalité un principe diplomatique de dialogue, de respect et de recherche de solutions en commun ».
Enfin, la présidente du conseil d’administration de l’association France-Algérie plaide pour une nouvelle approche : « Il faut changer le regard sur l’Algérie », en mettant en avant « des coopérations économiques, sanitaires et technologiques » des deux côtés de la Méditerranée.
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